PROLOGUE DE l'aUTEUR
Mais escoutez vietdazes (9) que le maulubec (10) vous trousque; vous souvienne de boire à my pour la pareille et je vous plégeray toutares metys.
MM. Buigaud des Marets et Ratlicr}' disent à propos de ce passage : « Si Rabelais n'a pas perdu de vue ses véroles, il est tout naturel qu'il les suppose au lit et qu'il leur dise : Lisez tout à l'aise du corps. » Notre explication nous paraît plus rationnelle. — Le lecteur jugera.
(9) Tous les commentateurs, Johanneau excepté, .s'obstinent à traduire vîetda\e ou vieda\R par « visage d'âne ». S'ils ccffnaissaient le vrai, le gros patois de la Provence et du Languedoc, lou paloi grana, ils sauraient que vietdazes signifie : pénis asiiioniin. A défaut il leur suffirait de voir l'orthographe de ce mot dans le pamphlet publié contre les ligueurs sous ce titre : « Supplémenl du catholicon ou Nouvelles des régions de la lune. » Viedaserie, que le baron de Fœneste prononce comme un Gascon qu'il est, se disait, du temps d'Agrippa d'Aubigné, d'une grosse plaisanterie bien salée.
(10) Leniaiiliibcc est un mot languedocien. M«z//î/Z'fC vient de mal nu hec et signifie ulcère à la bouche. Ce pourrait être le chancre labiaL