‹ RabelaisChapitre 3 sur 8 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Un humaniste qui parle la langue du peuple; un logicien qui se plaît à déraisonner; un conteur qui n'a pas écrit une seule histoire d'amour, dans un pays où l'amour est, depuis huit cents ans, le thème de la littérature; un érudit plein de gaieté, puis, grâce à lui, un torrent de verve débordante et trouble, jaillissant tout à coup du vieux sol gaulois, entraînant, submergeant sur son passage les maigres filets d'eau répandus çà et là sur le^ Parnasse français ; un fleuve capricieux et puissant, mêlé d'ordures et de rayons, qui s'étale et se vautre dans le jardin des muses au grand dommage des clôtures et des platesbandes : il y a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête.

Et cependant, lorsqu'on s'approche du géant, lorsqu'on vit quelque temps dans sa familiarité, on s'aperçoit qu'il est traitable, et qu'il ne songe point à

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