CHAPITRE II
Oft Ton fait une descente cbes les Anf lais.
Oo a beau dire , c*est une superbe ville que Londres , et c^est une adnairable chose de faire son entrée dans cette cité géante, par la Tamise, qui, par parenthèse ne s'appelle aucunement la Tamise , mais bien la Thames , ce qui n'est pas tout-à-fait la même chose. C'est assez absurde, du reste, de changer ainsi tous ces noms-là: — quand on voyage, c'est lÉie affaire d'état pour s'y reconnaître.
Il est bien entendu que nous nous priverons de vous donner sur la capitale de l'Angleterre le moindre détail. C'est connu maintenant comme le loup blanc, et Ton passe le détroit comme on avale un verre d'eau.
Laissons donc de côté la douane et tout ce qui s'en suit ; les docks de Sainte-Catherine et de la compagnie des Indes , London-Bridge et le pont de Waterloo, qui se distinguent à peine à travers une forêt de mâts; Saint-Paul, la Tour de Londres et l'abbaye de Westminster, où dorment côte à côte rois, poètes et comédiens \ — passons sans y entrer devant
le Colosseum et le musée de madame Tu^saud, devant I9 Zoological-Gardenoù sontentassées des merveilles ; — traversons au pas de course Ha^r-Market, le Strand, Regent-Streët et la place Trafalgar ! — C'est là qu*est érigée la statue de ce brave amiral Nelson , à qui l'on a si artistement insinué un paratonnerre dans le dos , ce qui lui donne un certain air de famille avec la statue du duc dTork , placée à l'entrée de Saint-James's Park, laquelle statue possède, elle aussi, son petit paratonnerre, et au beau milieu de la tète encore ! C'est d'un effet charmant I
Bah I ne regardons pas vt marchons toujours 1... marchons et ne nous arrêtons que devant Taristocratique théâtre Saint-James, que dirige depuis longues années le libraire de S. M. Britannique, John Mitchell, gentleman tout-à-fait charmant , et de plus , admirateur passionné de mademoiselle Rachel.
Ce qui fait que ce même M* Mitchell est enchanté de pouvoir annoncer, respectfully^ au public anglais que c'est à Saint-James's Théâtre que the Eminent tragédienne consent à donner quatre représentations avant son départ pour l'Amérique.