‹ Rachel et le nouveau-mondeChapitre 2 sur 88 · AVANT LE DÉPART · texte numérisé non relu

AVANT LE DÉPART

cbapube I.

QMl vcM Mrvlr ê% tmoMm» préfjiee, at l'on vcat.

Il n'eut peut-être pas été totalement hors de saison d'entamer ce petit volume par une biographie quelconque de mademoiselle Rachel et par une relation plus ou moins succincte de ses précédentes pérégrinations dramatiques en France, en Angleterre, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, et dans l'empire des czars.

' Mais tout cela eût été une histoire à n'en plus finir, et notre pauvre petit diable de volume fut devenu tout bonnement un immense in-folio !

Dangereuse transformation! qui n'eut pas manqué de faire dire à tout le monde la fameuse phrase de Perrin Dandin ;

^ Âhl passons au déluge! » C'est ce que nousHmesI

El, laissant de côté l6$ ^emifs a^s 4e notre grande tragédienne, tout accidentés qu'ils fussent, ne donnant même pas un souvenir à ses nombreuses excursions dans la vieille Eurppe, nous «» revînmes ttflrturellement et forcément à nos mout^ms du Figaro ^ c'est-à-dire à l'odyssée de la muse tragique dans la jeune Amérique !

Evénement prodigieux, impossible, dont tous les journaux de la terre se font un devoir d'entretenir leurs lecteurs depuis trois cent soixante cinq longs jours^ c'est à-dire depuis une année entière I. , Et le dernier mot n'est pas dit I

Rachel en Ailiéi^quel.f

Cette nouvelle stupéfia d'abord ; irrita ensuite !

On ne pouvait admettre un» semblable fantaisie!.. On lui pardonnait à peu près toutes ses anciennes escapades, y compris celle de Saint-PëÉQttirattfg et de Moscou ; mais un voyage dans l'autre monde! Ah! pour le coup, cela passait la plaisanterie^ Qt le pubUo se wi^ 4 m«rmufec toii4 d»bon !

S'il n'avait fait que murmurer, encore !.. mais il ne se contenta pas de cela !

Il était jaloux comme plusieurs tigres, ce brave public, et il voulait, à tout prix, se venger de cette ingrate Rachel qu'il aimait tant et qui le trahissait encore! Et pour qui, grand Dieu? — Pour des sauvages !

Et voyez un peu la chance de ce Public-Othello !.. A peine a-t-il parlé, que cette vengeance qu'il demande à cor et à cris, vient s'offrir à lui d'elle-même, sous les traits d'une belle italienne, une inconnue, qui joue la-tragédie par hasard, qui, par bonheur, a du talent, et qui tombe des nues un beau matin, sans qu'on s'y attende, comme le Deus $x maehind des pièces antiques.

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