‹ Rachel et le nouveau-mondeChapitre 35 sur 88 · IB · texte numérisé non relu

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« Mademmsefle Dinali serait une ingénue pleiiie de vivacité et fort agréable, si éHe voulait apprendre de ses sœurs aînées à voiler et à mieux poser sa vofx, qui sautille sans cesse dans les régioits les plus aiguës du diapason juvénile. Comme sa sœur Lia, d*ailleurt, «lie est encore à connaître vérital»le« ment.

« Quant à madame latotrebe,— qui seule nous reste à nommer, — nous n'avons fait que Tentrevoir un instant dans le Dépit amourettx.

« MM. R^ndcrux, Léon Beauvallet, Cfaéry aîné et }eune, Bellevault, Dîeudonné, Latoucbe, forment la partie masculine du personnel.

« Presque tous sont déjà complètement entrés dans la fa* veur publique. ^

« M. Ghéry aîné a su se faire un succès personnel et de tout point mérité, dans le Michonnel û' Advienne Lecou* treur. M. Bellevault a eu le même bonheur et le même talent, dans le Duroc des Droits de rhomme^ d'abord, et plus complètement ensuite dans le <jros René du Dépit amoureux.

a Le poids des grands rôles tragiques repose principalement sur MM. Randoux et Léon Beauvallet qui y déploient l'un et l'autre les plus estimables et les plus difficiles qualités du genre. M. Randoux, principalement, paraîtjavoir cultivé la tragédie avec un soin et une préférence assez rares aujourd'hui. Nous lui signalerons toutefois un écueil vers lequel l'entraîne parfois son amour et son respect pour la majesté classique : c'est la lenteur extrême et un peu lourde du débit. Son talent gagnerait à brûler davantage les planches. M. Léon Beauvallet serait aussi plus complet, s'il posait mieux sa marche et faisait parfois moins sentir la rime. Mais il y aurait vrai-

ment mauvaise grÂce à critiquer des artistes aussi inespArés pour nous.

ff Ajoutons que M. Léon Beauvaliet a rempli d'me manière très-entralnante et très-évaporée, dans les Droite de Vhom' me, un rôle aussi étranger que possible au répertoire tragique.

a M. Latouche a été remarqué du public dans deux personnages bien différents : le prince de Bouillon ù^^drienne Lecouvreur et lord Melvil de Marie Stuart. Il a su mettre , dans le premier de ces rôles, autant de rondeur et de fatuité un peu niaise, que de sentiment vrai dans le second.

« Constatons enfin que le jeune premier de la compagnie, M. Dieudonné, est très-heureusement doué pour son emploi. Adrierme Lecouvreur lui a fourni Toccasion d'une création très goûtée du public : celle' de Tabbé galant.

« Si, aux qualités personnelles de chacun des artistes que nous venons de passer en revue, on ajoute une remarquable aptitude à aborder les divers genres, une conscience artistique qui ne se dément jamais; et un désir déplaire au public qui se traduit jusques dans les moindres détails; si on prend en outre en considération la valeur que les acteurs d'un certain mérite se prêtent Hnutuellement, en fondant leuijs talents respectifs dans une harmonieux ensemble, on devra trouver que nous n'exagérons rien, en présentant à nos lecteurs la compagnie amenée par M. Félix, commoitout à fait hors ligne, et comme la plus heureusement composée peut-être qui existe en dehors du Théâtre-Français. »

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