CHAPITRE IV
Où l'on commciiee à prendre trop de verres.
En revenant à la ville, nous entrons au bal du Paseo. Un bal fort bruyant ma foi, dont mademoiselle Rachel n'est séparée que par une simple muraille. ,
Elle entend aussi distinctement l'orchestre criard de cet établissement chorégraphique, que si elle était elle-même au beau milieu des danseurs !
Si bien que, de la nuit, elle ne peut reposer, et qu'elle songe déjà à s enfuir de la Casa del senor Legrand.
C'est un odieux supplice pour elle, du reste, on en conviendra, que d'être malade, de se coucher pour dormir sur des matelas obtenus à grand' peine, et d'entendre, à côté ()e sa chambre, un tas de fous qui sautillent les uns devant les autres, au son discordant de quatre crinê-crim équivoques, et d'une demi-douzaine de cornets à piston.
Nous nous sauvons bien vite de cet endroit malsain, et nous courons à la place d'Armes, une place charmante, en vérité, toute plantée d'arbres magnifiques, de plantes qu'on
ne voit que là, et de fleurs dont on ne sait pas même le nom. *
Et tout cela est éclairé au gaz! civilisation !
C'est sous les fenêtres du palais du capitaine général que, cfaaqtie soir, la musique militaire vient donner un concert, qui ne manque jamais d*attirer un public aussi choisi que nombreux.
A cette heure-là, personne ne dort plus à la Havane, les jeunes femmes se parent comme pour une fête, et accourent dans de riches volantes, dans de ravissantes calèches, au rendez- vous>|)féfiéréw
La plupart ne descendent pas de leurs équipages, où, mollement étendues sur les coussins de velours, elles écoutent moins le concert que les galanteries des jeunes hidalgos qui roucoulent à leurs pieds I
Mais neuf heures sonnent à Thorloge du Palais!., c'est le signal du départ.
Kn un instant, la place est déserte !
Suivons la foule, et entrons avec elle prendre une limonade ou un punch quelconque dans le& splendides salons de la liiana om de la /)<m|tnica, pendant que nos petites créoles, toujours en volantes, vont se faire servir à la porte des granits à Torange ou quelques autres rafraîchissem^nts!
 compter de ce mom^t, eom^aaiice ua certain refireia qui vous pout^t ^^^ cesse et sans rdàcjke^ dans la rue, au théâtre, à la campagpe, au bain 1 C*est vQlre ombre, votre cauchemar, votre scie !•.• Et ce refrain, eAfia, c'est ; « Si nous prenions un verre? »
Vous dira le B<Mabre de verres que i*oa est fèrcé de
prendre ici, c'est la chose impossible!... Il y a de quoi se noyer!
Mais il se fait tard ; voilà, je crois, une journée assez bien employée; Thôtel Bernard nous réclame; nos lits de sangle nous tendent les bras ; allons dormir 1