CHAPITRE VII
La Nodic Buena.
L'on a beau dire, c'est une triste et lugubre chose que de faire ses préparatifs de voyage !
Surtout quand c'est pour quitter la Havane !..
La Havane! ce rayon de soleil en permanence, ce perpétuel concert, cette fête éternelle!
Ainsi, tenez, ce soir encore, la ville entière possède un air de jubiïation parfaite, une de ces physionomies qui font plaisir. à voir et qu'on ne peut rencontrer qu'ici !...
Dans les rues, sous les palmiers du Paseo, voici venir djiimombrables troupes de ménestrels, blancs w noirs ( au tîhoix), ornés tous de la guitare traditionnelle, vous savez, la vraie guitare espagnole (il y en a encore!).
Et que chantent-ils ces joyeux troubadours?
Les merveilles de laNocht Buena, de la bonne nuit... de la nuit de Noël, en6n I
Du reste, nuit de Noë'l, bonne nuit, ou Noche Buena, quel que soit le nom dont on la nomme, cette fête n'en est
pas moins Tune des plus grandes» des plus gaies et surtout l'une des plus bruyantes de tout le calendrier havanais.
Les cloches s'en donnent à cœur joie. Quel charivari! quel vacarmel On dirait que cette cité en goguette est devenue le rendez-vous général de tous les chaudronniers et rétameurs de casseroUes des cinq parties du Monde!
Ceci n'est pas une plaisanterie, au moins; ces pauvres cloches havanaises jouissent d'un organe impossible!
Il est vrai de dire qu'ici l'on ne les sonne pas. Un ordre supérieur, m'a-t-on dit, s'y oppose. — On a uniquement le droit de frapper dessus avec un marteau ou un bâton, dd libitum, — Ce qui produit un certain son légèrement faux et tant soit peu criard^ qui a le don de vous irriter le »ytème nerveux de la bonne manière. On dirait qu'on vous coupe du bouchon aux oreilles, ou qu'on vous fourre une plume dans le nezi...
Mais, il est minuit ; ce que nous avons de mieux à faire, c'est d'aller visiter les nombreuses ^lises de la capitale. Toutes sont splendidement illuminées.
Des milliers de femmes, noires, blanches, jaunes^ chocolat, café au lait, de toutes les nuances enfin, la plupart,, étincelantes de parures, à moitié noyées sous des flots de dentelles, la tête nue, bien entendu (le chapeau est inconnu ici), sont agenouillées pêle-mêle, sans distinction de rang» de race, de couleur, sur la dalle même de l'église. (Généralement, ces dames ont soin d'apporter des petits tapis.)
On nous avait grandement parlé de la piété des Espagnoles. Nous avouons naïvement qu'elle ne nous a pas paru aussi austère qu'on avait bien voulu nous le dire. Mais il y a tant de jeunes et fringants cavaliers qui roucoulent autour d'elles 1.. . lilt puis, c'est bientôt l'heure du réveillon !...
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Akl je sais BMÎBleDaut pourquoi, k la HaTane, cette iMiitlà s'appelle ia B(mn$ MU /... Quelle vie de pelichiaaU#l