CHAPITRE i
Oft l'on purle 4a Paidac et par conMoMa 4f oauCk^^t.
MtdeinoiseUe Rachel a une idée fixe, c'est de retourner en Europe avec le Pacific^ ce (anieax sleamer qui nom- a «menés en Amérique
Pauvre Pacific/ Tout le monde sait aujourd'hui qu'il s'est perdu corps et biens
Parti de Liverpool, le %Z janvier, le 45 avril, on n'avait p^s encore de ses nouveUes. Quatre-vingt-deux jours au lieu de onze, il n'y e pkis maintenant la moindre lueur d*ea» poir.
Quelle vilaine chose ^ it)céan 1
Mademoiselle Rachel n'est pas ta seule qui ne fasse pas partie des passagers de Jk Clyde.
Sa sœur Sarah s*est ennbarquée le matin même sur F/iabel, ainsi que notre camarade Randoux.
Mademoiselle Sarah s'arrêtera à Charlestown ; Randoux repassera par New- York, pour affaires de commerce. Dure nécessité!
Mesdemoiselles Durrey et Briard se sont mises également en route pour cette triste ville de New- York, sur le GranadUy une horreur de bateau, un vrai vapeur de carton, un accessoire de théâtre qui, après quelques jours de traversée, trouve du dernier comique de faire naufrage et de jeter à ta côte tous ses passagers.
Plaisanterie charmante, surtout en hiver, que se permettent, à chaque iij^tant, les steamers des Ëtats-Unis. Ceux qui ne vous échouent pas vous font sauter. Choisissez I
Oh! les bateaux américains!... Voilà une chose dont il faut se métier !
Ainsi, je lisais dernièrement qu'en 4849, sur 4656 bâtiments à vapeur du Mississipi (du Mississipi seulement, vous entendez), 736 avaient péri, dont 681 par explosion et 45 par suite de collision. En 485t , le chiffre total des bateaux perdus était de 4,390.
, Depuis 1853, les États-Unis opt perdu douze grands steamers, d'une valeur de 7,250,000 dollars, 4,i50 personnes ont péri dans ces différents naufrages.
En 4853, V Indépendance, ayant cent vingt passagers a bord ; — le Tenneesée et le Saint-Louis se sont perdus corps et biens dans l'océan Pacifique. Le Bumholt et le San- Franciico ont fait naufrage, en 4 tS54, dans Tocéan Atlantique j — l'année suivante, le fYankliny le CHty^f-Phila^
àelphia et le Vanhee-Blade périssaient également, et la perle du CU y of- Glasgow, avec 480 passagers, el celle de rjrctic complétaient la liste funèbre des sinistres de 1854. — L'année 4855, avec le naufrage du North-Caroîinaei celui du Golden- Jge, qui a pu cependant être relevé et réparé. — Enfin, Tannée 1856 commence parle naufrage de ce même Pacific^ dont nous parlions tout à l'heure — Triste début !
A la bonne heure, au moins les Anglais 1... On est en sûreté avec eux! cela vient d*une chose : c*est' (fo*!! y a, à bord de tous ces baleaux-là, la même discipline que sur leg navires de guerre, et dame, sans cette discipline, ou a tout à craindre. — Lors du naufrage de V/irctic, s'il y eut eu là de vrais matelots, tous les passagers eussent été sauvés ! — A bord de la Clyde, nous avons une pacotille de fusils, de pistolets, de haches et de sabres d'abordage — Cet arsenal sert, non-seulement à se défendre contre les pliâtes qui rôdent de temps à autre dans la mer des Antilles; mais, en cas de révolte de l'équipage, les passagers ont ordre de s'armer et de prêter main-forte au pouvoir. ^Ml RigthJ (Voilà l'anglais qui revient sur Teau ! )
CHÀPiTB^ II.
^Ip l'MV 99S99 4I9VHH pi^BtfCW JP^in#V||K^
Lé Clfd9 ieraii tm beteaii pftrMt, si Ton pouvait y doN mir un peu !... Dûrmfr 1 — Bire que voilà six tnoit quo notai ne savotis plus cd qae c*est! C'est UM des pins grandes mU sères de ces voyages-là
Ainsi, sur la (Hydê^ c'est quelque chose d'insoutenable. Toute la nuit, n«u3 entendons les huriements de deux enfants en bas-âge auxqueli se mêle la toux monotone et ineessante d# deux Affiérfcains accablés d'ans et de catar* rbes
Joignez à cela les aboiements continuels d'un affreux petit chien que M. Félix père rapporte de la Havane dans un panier, et vous aurez une idée du charivari déplorable qui nous met en fureur toutes les nuits
Dieu merci, la Clydé 61e d'une assez crâne manière, et le 13, nous doublons la pointe de l'tle de Cuba, par une de ces chaleurs sénégambiennes dont la mer des Antilles possède si bien le secret!
La mer des Antilles!... Voilà une mer, une vraie mer^ parlez-moi de ça!...
L« 44 au matin, mms kmgeons les côtes d« âaint-Domingue ou d'Haïti, si vous aimez mieux, de l'empire du pafM Soulouque, enfin, un grog noir qui fait des dettes partout et q«i va vendre ses sujets pour ne pas aller à Clichy.
Au moment même où nous passions devant les Etats du monsieur susnommé, nous étions en train de relire la lettre fuivante, qui peut donner une idée de la toute charmante manière dont ix>n petit Fai»tin traite àona p$tii$ hhmes.
«... . Au mois de mai dernier onaarrétébuit à dix Vn^* ^ nésatîm jnîilltê^ p(mt les incorporer dans Farmée haïtienne. Ces jeunes gens, sur leur refus d'endosser Tlia* bit militaire^ ont été traînés en prison, mis au eachot et eut fers, oè ils sont restés pendant cinq jours. Grèce é l'inter^ ventioa du vice*consul, M. £.' Wielt, seul géran'< en ce mo* ment, les prisonniers furent alors rendus à la liberté, mais avec interdiction de continua' à travailler. Ceux qui étaient commis, ont été renvoyés par leurs patrons, cettx qui étaient négociants, ont été forcés de fermer leurs établissements....
» Au mois de juillet, plusieurs officiers d'un navire de guerre, la Chimèn, se prom^aient dans tes rues du Port-> au*Prinoe. Apostnc^phés par quelques sentinelles qui leur eri^nt de jeter leurs cigares, i4s se eroieni prés d'une poudrière et se hâtent d'obéir à la consigne.
»- — Chapeaux bas, n'entendez-vous pas, chapeaux bas devant la maison de l'empereur 1 leur crie-t-on alors, et sur leur refus de saluer la maison du chef, qui était en voyage au petit Goàve, on veut les mener en priêon. Un de ces jeunes marins comprenant qu'il n'y avait rien à faire contre ces brutes, demanda qu'on les conduisit au gouverneur. Celui-ci eut le bon sens de les renvoyer au consulat.
« Monsieur de Chacon, secrétaire du consulat d'Espagne,
venait du ministère des affaires étrangères, où il avait go1Ii> cité une audience de Tempereur Faustin pour son consul.
» En sortant, il fil ce que tout le monde eût fait sous un soleil de Irente-^ept degrés, il remit son chapeau. Aussitôt, les sentinelles vocifèrent leur insolente consigne « chapeau bas ! M. de Chacon refuàe de saluer les murailles. — Hfléme scène« même bruit, même scandale que pour les officiers de la Chimère* -r .Mai» œtte fois Tempereur parait à la fenêtre, et quand il a entendu ce dont il s'agit, il s'écrie : « S... blanc, ne me connais-tu pas ? salue ma maison ou je le f... en pri- «pn. • Les conseillers de Sa Majesté Impériale lui firent observer que celte arrestation ne pouvait être exécutée sur la personne d'un chancelier sans amener les conséquences les plus. graves. Ce ne fut néanmoins qu^après vingt minutes de pourparlers que-ies soldats lâchèrent enfin M. de Chacon. »
Quel aimable enfant que ce gros noir I
Nous avons un instant Tidée d'aller voir de près tout ce royaume d'ombres chinoises ; mais conune cela nous pren* drait un temps^ précieux, nous passons outre, et, le lendemain, nous gommes en vue de Porto-Ricco, l'une des Grandes-AntMes, où le choléra sévit en ce moment avec une violence atroce et vient déjà d'emporter les deux tiers de la population !
' Passons vite!...