‹ Racine (volume 2)Chapitre 14 sur 82 · Voir Paal Mesnard, notice sur la ThéhaUe · texte numérisé non relu

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jourd'liui, Ton aimerait assez cette agitation et toutes ces épées hors du fourreau, comme dans les Hu>gy£nots ou dans le Trovatore, parce qu'on aime le théâtral, autant pour le moins que le dramatique.

Racine dédia sa pièce à M. le duc de Saint- Aignan, pair de France, qui, bien que gentilhomme, se piquait de littérature et de poésie. C'est lui qui est l'original de l'homme au sonnet, si malmené par le Misanthrope. Molière s'en était fait un ennemi, Racine s'en faisait un protecteur.

Pour sa seconde pièce, notre poète, à vingt-six au8, donna Alexandre et Porus. Ce fut son premier succès éclatant. Avant d'être jouée en public, la pièce le fut en petit comité chez madame Du Plessis-Guénégaud, en présence du duc de La Rochefoucauld, de madame de La Fayette, de madame et mademoiselle de Sévigné, grandes admiratrices de Corneille et qu'on voulait se rendre favorables ^ La pièce, applaudie dans cette illustre compagnie, fut aussi très bien reçue de toute la Cour et du public. Le brillant des sentiments et des vers, la noble galanterie du héros, un peu trop amoureux sans doute à notre gré, mais nén au goût de Louis XIV, qui ne pouvait encore ressembler à Alexandre que par ce côté facile, la générosité

1. (Test ainsi que Corneille loi-môme avait lu d'aboid Polj/eucto à l'Hôtel de RambouUlet.

chevaleresque de Porus, qui balance et éclipse, peu s'en faut, celle du héros principal; des reines indiennes qui expriment leur amour avec les tours élégants de Julie d'Angennes, et rendent madrigaux pour madrigaux à ces illustres guerriers, tout cela enchanta les spectateurs. Le Roi se reconnut aisément dans ce galant Alexandre, et cela n'était pas pour nuire au succès du jeune poète, ni à sou crédit. La pièce imprimée fut dédiée à Sa Majesté, par une Ëpitre qui débute ainsi :

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