THÉÂTRE DU PALAIS-ROYAL
{Troupe de Molière)
ALEXANDRE La Ghanqi.
îïïs. 1 -'» ^- •- '»<'- iiur"'***-
AXLIlNE, reine d*une aulre partie des
Indes , , . . • M"* Du Parc.
CXËOFILE, sœur de Taxile M"« AToliâre.
ÉFHESTION Du GaoïST.
Suit» n' Alexandre
JîOr^L DE BOURGOGNE ALEXANDRE Floridor.
PORUS MONTFLBURT.
TAXILE Brécourt.
AXIANE , M"*D£S ŒiiUBTS.
CLÊOFILE M»« DEnnebaut.
ÉFHESTION Hauwrochb.
SUITB D*AuXAm>RB
ALEXANDRE 7tf
tard; après la réunion des deux troupes, qui formèrent à dater de 1680 le Théâtre -Français, rue Guénégand, elle y fut reprise assez souvent.
Les critiques, pourtant, ne lui avaient pas manqué; elles ne manquèrent à aucun ouvrage de Racine. Sa carrière dramatique, comme celle de tous les novateurs^ ne fut qu'une série de combats. Il était naturel que les contemporains des triomphes du Cidy épris du génie de Corneille dès leur jeunesse, demeurassent fidèles à leur admiration ; que même les lecteurs de La Calprenède, comme madame de Sévîgné, tout en se reprochant leur faible pour les grands coups d'épée de ses héros, fussent plus ou moins rétifs aux applaudissements saluant des for* mes nouvelles qui dérangeaient leurs habitudes. Lorsque le pli est pris, on ne change volontiers ni de goût, ni de mode, dans les choses de l'esprit non plus que dans le reste. On se piquait de fidélité à l'ancien culte littéraire. « Vive notre vieil ami Corneille! » s'écriait madame de Sévigné. Saint'Ëvremond, du fond de son exil, luttait, la plume à la main^ pour le même dieu. Pendant son long séjour en Angleterre, les vues de son esprit s'étaient élargies. Les idées plus vives et plus libres qui lui étaient venues sur l'histoire et le théâtre, c'était à Racine qu'il les appliquait. Devenu plus exigeant en fait de vérité historique, de couleur
locale, de réalité, il trouvait, par une illusion de sa vieille sympathie, que Corneille possédait souverainement toutes ces qualités, et qu'elles manquaient au jeune rival. Ce fut lui qui ouvrit le feu : Alexandre ne justifie guère son grand nom ni tout ce qu'on annonce de lui; s'il entreprend la conquête du monde, c'est uniquement pour plaire à la belle Cléofile. Porus, de son côté, s'il lui oppose une résistance héroïque, a y est animé seulement par les beaux yeux d'Axiane, et l'unique but de sa valeur est de se rendre recommaudable auprès d'elle. On dépeint ainsi, dit- il, les Chevaliers errants, quand ils entreprennent une aventure ; et le plus bel esprit, à mon avis, de toute l'Espagne, ne fait jamais entrer Don Quichotte dans le combat, qu'il ne se recommande à Dulcinée... Gardonsnous de faire un Antoine d'un Alexandre, et ne ruinons pas le héros, établi par tant de siècles, en faveur de l'amant que nous formons à notre fantaisie^».
Cette critique de Saint-Évremond, quoique parfaitement fondée, et par cela même, démontre combien la pièce était française, et faite pour plaire aux contemporains. Rien n'est plus étrange, en effet, que de voir Alexandre, au lieu de continuer à suivre et à chercher son digne adversaire, dont il a été séparé dans la mêlée par un gros de sol-