Acte II, scène
% Acte I, scène 2.
3. oc Sous la Régence, le comte de Horn, assassin et voleur, fut condamné au supplice de la roue et exécuté; on ne pouvait y croire. Des femmes du peuple qui étaient sur la place disaient: c Ça, un comte ? Allons donc ! est-ce que vous ne savez pas que c'est un soldat aux Gardes à qui on a donné de l'argent pour être roué à la place de l'autre, et qui se fait petit ?» — H. Taine, Nouveauoo Essais de Critique et d'Histoire.
et ne pouvant, selon les sentiments modernes, songer à Tëpouser sans qu'elle y consente, essaye de l'obtenir d'elle-même ; mais, d'autre part, comme elle résiste ou se dérobe, parce qu'elle veut rester fidèle à la mémoire d'Hector, et aussi à l'avenir possible du jeune prince leur fils, il la menace de tuer ce fils. Étant admis que le fond de l'histoire est tel, un homme levant continuellement le poignard sur la tête d'un enfant pour amener sa mère à céder, est-il rien de plus curieux que ces dialogues où l'homme au poignard ne cesse jamais de s'exprimer avec la courtoisie et la galanterie la plus parfaites, ce qui a fait dire à Wilhelm Schlegel : « Pyrrhus est un brigand bien élevé, qui présente le poignard avec politesse ^», et dans lesquels, d'autre part, Ândromaque soutient cette lutte constante avec une adresse, une habileté, une souplesse féminine si moderne qu'elle ressemble parfois, comme on l'a dit spirituellement, à une a vertueuse coquetterie », lors, par exemple, qu'elle répond à Pyrrhus :
1. Il y a eu cinq Schlegel, dont plusieurs ont traité des sujets analogues, et qui tous sont plus ou moins célèbres. Celui dont il est fait mention ici, le plus renommé des cinq, Auguste- Wilhelm (ou Guillaume) Schlegel, poète et critique, a com[)osé le très remarquable Cours de Littérature drama-' tique traduit en français par madame Necker de Saussure, et dans lequel se trouve le mot que je cite. Le plus connu, entre les quatre autres Schlegel, est Charles-Frédéric, frère d'Auguste-Guillaume, et à la fois poète, philosophe et critique.
ÀNDROMÀQUK 103'
Captive, toujours triste, importune à moi-même, Pouyez-Yoas souhaiter qu'Andromaque vous aime ? Quels charmes ont pour vous des yeux infortunés Qu'à des pleurs éternels vous avez condamnés ' ?
Un de nos maîtres, M. Désiré Nisard, a dit, et c est une de ses plus belles pages : fi Tout ce qu'il y a de dévouement dans réponse, do tendresse dans la mère, Racine en a doué Andromaque. Mais il a voulu en même temps que la belle et aimable fille d'Éétion, TAndromaque « aux bms blancs'», fût femme, et qu'elle n'ignorât pas la puissance de sa beauté. Elle s'en sert pour se défendre et pour protéger son fils ; c'est de sa vertu même qu'elle apprend l'influence de ses charmes et que lui vient la pensée d'en user... Pyrrhus croit que sa captive s'adoucit, quand elle ne fait que s'envelopper
d'une habileté innocente.
• Madame, dites-moi seulement que j'espère.
Je vous rends votre ûls et je lui sers de père; Je l'instruirai moi-même à venger les Troyens, J'irai punir les Grecs de vos maux et des miens. Animé d'un regard, je puis tout entreprendre : Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre; I
Je puis, en moins de temps que les Grecs ne l'ont pris, Dans ses murs relevés couronner votre fils.
» Que répondra Andromaque ? Comment échapper à Pyrrhus ? Comment aussi l'encourager ?... Plus il
1 • Acte I, scène 4.