‹ Racine (volume 2)Chapitre 32 sur 82 · LES GUÊPES · texte numérisé non relu

LES GUÊPES

qui lui fournirent plusieurs traits pour sa comédie. Elle se compose donc de quelques allusions con* temporaines, peut-être aussi des souvenirs personnels que nous venons de rappeler, mais principalement d'imitations littéraires. J'indiquerai d'abord celles-ci, en parcourant la pièce d'Aristophane.

La comédie ancienne, à Athènes, était essentiellement politique. Aristophane, très réactionnaire comme nous dirions aujourd'hui, essaye, dans sa pièce des Guêpes, de tourner en ridicule une des institutions de son pays. Dans la démocratie athénienne tous les citoyens, dès l'âge de trente ans, remplissaient à tour de rôle les fonctions de juges, ou plutôt de jurés : c'était le suffrage universel appliqué à la justice. Sur vingt mille citoyens, il y en avait toujours six mille occupés à cela dans les dix tribunaux d'Athènes. — A peu près de même, en France sous l'ancien régime, comme le remarque Tocqueville, » le nombre de ceux qui s'occupaient soit à juger, soit à exécuter les arrêts des juges, était immense: toute la bourgeoisie tenait de près ou de loin aux IribuDaux*. »

A Athènes, ces fonctions étaient d'abord gratuites. Plus tard les citoyens-juges, comme ces fonctions leur prenaient beaucoup de temps, ceçurent, sous Périclès, une petite indenmité,

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