Allusion aut mœurs dépravées de Monsieur
nesques et platonicpies). Elle en eut, à la vérité, de fort actives et fort suivies, tantôt avec le Roi, tantôt avec le comte de Guiche, tantôt avec le marquis de Vardes. Toute cette Cour oisive ne connaissait d'autre passe-temps que les intrigues d'ambition et les aventures d'amour. Il était difficile qu'une princesse jeune et brillante ne se laissât pas un peu étourdir par le tourbillon d'hommages et d'adorations dont elle était entourée. Elle avait de Tesprit, et on en avait autour d'elle. Où est la limite de l'esprit galant, comme on l'entendait alors, et du sentiment? Sait-on bien toujours si c'est seulement l'esprit et l'imagination qui parlent?
Il n'est pas facile de deviner jusqu'à quel point la jalousie de Monsieur fut enfin justifiée par les distractions de Madame. — Il est vrai qu'à son lit de mort, dans un moment où l'on ne doit pas mentir, elle lai dit : a Monsieur, je ne vous ai jamais manqué. » Mais peut-être ne faut-il pas trop presser ce mot.
Quoi qu'il en soit, c'est sur l'invitation de la princesse elle-même que madame de La Fayette, sa confidente, raconte avec beaucoup de grâce, de délicatesse et d'art, les diverses coquetteries de Madame, de manière à laisser entrevoir la vérité, sans blesser les bienséances , qui , du reste, accordaient un peu plus à la nature en ce tempslà qu'aujourd'hui.
a Après quelque séjour à Paris (à la suite de
leur mariage ), Monsieur et Madame^ dit-elle, s'en allèrent à Fontainebleau. Madame y porta la joie et les plaisirs. Le Roi connut, en la voyant de plus près, combien il avait été injuste en ne la trouvant pas la plus belle personne du monde. Il s'attacha fort à elle, et lui témoigna une complaisance extrême. Elle disposait de toutes les parties de divertissement ; elles se faisaient toutes pour elle, et il paraissait que le Roi n'y avait de plaisir que par celui qu'elle en recevait. C'était dansr le milieu de Tété : Madame s'allait baigner tous les jours ; elle partait en carrosse, à cause de la chaleur, et revenait à cheval, suivie de toutes les dames, ha* billées galamment, avec mille plumes sur leur tète, accompagnées du Roi et de la jeunesse de la Cour. Après souper, on montait dans des calèches^ et, au bruit des violons, on s'allait promener une partie de la nuit autour du canal.
» L'attachement que le Roi avait pour Madame commença bientôt à faire du bruit, et à être interprété diversement. La Reine-mère en eut d'abord beaucoup de chagrin : il lui parut que Madame lui était absolument le Roi, et qu'il lui donnait toutes les heures qui avaient accoutumé d'être pour elle...»
Voilà en quelque sorte le premier acte de cette liaison. En voici, deux pages plus loin, le second, avec une péripétie et un personnage nouveau : « Le Roi et Madame, sans s'expliquer entre eux de ce qu'ils sentaient l'un pour l'autre, continuèrent de
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vivre d'une manière qui ne laissait douter à personne qu'il n'y eût entre eux plus que de 1*amitié. Le bruit s'en augmenta fort; et la Reine-mère et Monsieur en parlèrent si fortement au Roi et à Madame, qu'ils commencèrent à ouvrir les yeux et à faire peut-être des réflexions qu'ils n'avaient point encore faites. Enfin, ils résolurent de faire cesser ce grand bruit ; et, par quelque motit que ce pût être, ils convinrent entre eux que le Roi ferait l'amoureux de quelque personne de la Cour, lis jetèrent les yeux sur celles qui paraissaient les plus propres à ce dessein, et choisirent, entre autres, mademoiselle de Pons, parente du maréchal d'Albret, et qui, pour être nouvellement venue de province, n'avait pas toute l'habileté imaginable. Us jetèrent aussi les yeux sur Chémerault, une des filles de la Reine, fort coquette, et sur La Yallièrc qui était une fille de Madame, fort jolie, fort douce, et fort naïve. La fortune de cette fille était médiocre : sa mère s'était remariée à Saint-Remy, premier maitre-d'hôtel de Monsieur le duc d'Orléans ; ainsi elle avait presque toujours été à Orléans ou à Rlois. Elle se trouvait très heureuse d'être auprès de Madame. Tout le monde la trouvait jolie : plusieurs jeunes gens avaient pensé à s'en faire aimer ; le comte de Guiche s'y était atr taché plus que les autres; il en paraissait encore tout occupé, lorsque le Roi la choisit pour une de celles dont il voulait éblouir le public. De concert
avec Madame, il commença non seulement à faire l'amoureux d'une des trois qu'ils avaient choisies, mais de toutes les trois ensemble.
» Il ne fut pas longtemps sans prendre parti : son cœur se détermina en faveur de La Vallière ; et, quoiqu'il ne laissât pas de dire des douceurs aux autres, et d'avoir même un commerce assez réglé avec Chémerault, La Vallière eut tous ses soins et toutes ses assiduités. Le comte de Guiche, qui n'était pas assez amoureux pour s'opiniâtrer contre un rival si redoutable, l'abandonna et se brouilla avec elle, en lui disant des choses assez désagréables. »
Est-il bien vrai que tout cela entièrement eût été convenu entre, le Roi et Madame ? Il faut avouer que la convention, si elle fut proposée par le Roi et si elle l'accepta, avait bien son danger pour elle. Où était la limite de ces feintes amoureuses ? Ce devait être, en tout cas, une limite variable, et flottante au jour le jour. Le Roi était peut-être de bonne foi d'abord; mais l'occasion, l'herbe tendre... J'inclinerais à supposer que Madame, pour ménager son amour-propre, a un peu arrangé les choses aux yeux de sa confidente et de ceux qui pourraient lire un jour l'Histoire écrite par elle presque sous sa dictée*.
i. M. J.-A. Lair, dans la très intéressante étude qu'il a consacrée récemment à Louise de La Vallière et la jeunesse de Louis XIV^ et dans laquelle il a complété les indications
Ici se dessine le troisième modèle de la figure de Bérénice, a Madame vit avec quelque chagrin que le Roi s'attachait véritablement à La Vallière. Ce n'est peut-être pas qu'elle en eût ce qu'on pourrait appeler de la jalousie; mais elle eût élé bien aise qu'il n'eût pas eu de véritable passion, et qu'il eût conservé pour elle une sorte d'attachement qui, sans avoir la violence de l'amour, en eût la complaisance et l'agrément. » Cela est finement présenté et semble être encore un de ces tours adroits faits pour ménager la fierté de Madame. La princesse avait raison de dire à l'historienne choisie par elle ; « Vous écrivez bien. » — Voici la fin de cette double et triple intrigue : « Cependant l'attachement du Roi pour La Vallière augmentait toujours; il faisait beaucoup de progrès auprès d'elle. Ils gardaient beaucoup de mesures. Il ne la voyait pas chez Madame et dans les promenades du jour; mais, à la promenade du soir, il sortait de la calèche de Madame, et s'allait mettre près de celle de La YalUère, dont la portière était abattue; et, comme c'était dans l'obscurité de la nuit, il lui parlait avec beaucoup de commodité. »
Madame, quoi qu'en dise sa docile confidente,
de cette Histoire au moyen de celles des Mémoires contemporains, résume les choses en disant que mademoiselle de La Vallière assurément ne s*ofirit pas, mais « présenta un cœur tout ouvert à l'amour ». P. 49. — On trouve dans cet ouvrage la curieuse correspondance entre mademoiselle de La Vallière et le maréchal de Bellefonds.
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n'était pâs sans avoir quelque dépit, et, en tout cas, de leur aveu même, quelque tristesse de cet abandon. Bientôt le comte de Guiche, à qui le Roi avait, comme vous venez de le voir, enlevé mademoiselle de La Vallière, essaya de consoler Madame, en se consolant lui-même. Ce fut un chassé-croisé. Pour pouvoir s'approcher d'elle, il se déguisait, une fois en laquais, une autre en diseuse de bonne aventure. Si les romans à l'ordinaire copient la vie, la vie aussi quelquefois copie les romans. Mais voilà que le comte de Guiche est obligé de s'en aller en Pologne faire la guerre contre les Moscovites : alors Madame est amenée à accepter de nouvelles consolations, celles du marquis de Vardes. Celui-ci était bien plus naturel que l'autre : le comte de Guiche toujours tiré à quatre épingles; le marquis de Vardes, négligé, vif, plein de feu : le premier, mis avec affectation, et parlant de même; madame de Sévigné le peindra d'un trait, à l'une des premières représentations de Bajazet : « Tout le bel air était sur le théâtre : M. le marquis de Villeroy avait un habit de bal ; le comte de Guiche, ceinturé comme son esprit; tout le reste, en bandits. » C'est-à-dire, mis sans façon, à la diable, quoique toujours selon « le bel air » ; mais le bel air justement consiste à être tantôt attifé, et tantôt négligé, bien qu'avec grâce. Le marquis de Vardes devait être souvent « en bandit », et par là s^ns doute plus à craindre que le comte
de GuJche* Madame Técouta avec hienveillance et y trouva plaisir. Mais, comme il était fort couru et fort trompeur, et elle très sincère, elle rompit avec lui au bout de quelque temps.
Vous voyeZf sans aller plus loin dans le débrouillement de toutes ces intrigues, qu'étcmt unie à un mari indigne d'elle. Madame se laissa aller, pour se distraire, à une vie au moins fort légère et fort imprudente, galante en un mot, mais peut-être dans la limite où Ton prenait alors ce terme, qui n'avait pas, à beaucoup près, la mauvaise couleur d'aujourd'hui. D'ailleurs bien des choses donnent lieu de croire que Ta me et l'esprit de Madame valaient mieux que sa conduite. Sur une pente si glissante, il était difficile de se tenir. À ce régime d'oisiveté et de bavardage, de passe-temps frivoles et périlleux, les meilleures natures ne peuvent que perdre, et, sinon se corrompre, du moins se dissiper. Son âme paraît avoir été noble et bonne; son esprit vif; ouvert, élevé, libéral. La Fare, dans ses MémoireSy dit qu'après la mort de Madame, a le goût des choses de Fesprit parut diminuer à la Cour ». C'est à Madame que Molière, en 1662 (elle n'avait que dix-huit ans), dédie son premier chefd'œuvre, YÉcole des femmes^ où il combat, comme dans YEcole des maris, la fausse éducation. C'est à Madame que Racine, en 1667 (elle avait vingt-trois ans), dédie également son premier chef-d'œuvre, Andromaque, Ayant trouvé ou fait naître l'occasion
de lui lire sa pièce avant qu'elle ne fût achevée, il reçut de Madame, comme nous l'avons vu, ou fit semblant d'en recevoir, quelques conseils et quelques Irails. Elle pleura à cette lecture. Le poète ne manque pas de se décorer de tout cela dans son Épître dédicatoire. Enfin, c'est Madame encore, avons-nous dit, qui fit concourir Corneille et Racine, à leur insu, sur ce sujet de Bérénice.
Avait-elle songé que la partie n'était pas égale entre Corneille vieillissant et Racine dans la force de son génie, et d'un génie qui excellait à peindre comme à ressentir tous les mouvements de lamour? Ou bien avait-elle favorisé Racine sans y penser ? Ce qui est clair, c'est qu'avec le Roi et toute la jeune Cour elle inclinait par une pente naturelle du côté de celui qui savait si bien s'inspirer de tous ces brillants modèles et les montrer sur le théâtre, environnés de je ne sais quelle auréole, comme dans une gloire. Le Roi ne pouvait trouver ennuyeux de se voir représenter en Alexandre ou en Titus. Renserade mêmç ne lui avait pas déplu en faisant allusion assez hardiment à ses amours avec mademoiselle de La Vallière, alors qu'on pouvait les croire encore ignorés. Racine, dans Bérénice, offrait un sujet plus noble : la victoire du Roi sur son cœur. Ce n'était pas chose commune alors dans un si haut rang, que de sacrifier l'amour à la raison d'État. Aussi fit-on grand bruit de ce triomphe de la vertu.
En résumé, laquelle de ces deux ou trois Bérénices fut la victime immolée dans ce sacrifice? Ce furent toutes les trois, à des degrés divers. Premièrement et principalement, Marie Mancini; secondement, Madame ; troisièmement, La Vallière. Il ne tint qu'à Madame de se flatter que le Roi avait beaucoup lutté aussi pour renoncer à elle; mais la rupture avec Marie Mancini était célèbre; Féclat en retentissait jusque dans la chaire chrétienne, treize ans encore après Bérénice. Dans Toraison funèbre de la reine Marie-Thérèse : « Cessez, dit Bossuet, cessez, princes et potentats, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage! Que l'amour, qui semble aussi le vouloir troubler, cède lui-même! L'amour peut bien remuer le cœur des héros du monde ; il peut bien y soulever des tempêtes et y exciter des mouvements qui fassent trembler les politiques et qui donnent des espérances aux insensés (voilà pour Marie Mancini); mais il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois, à qui il ne peut inspirer des sentiments indignes de leur rang » (voilà pour le Roi). Cette phrase de Bossuet, ainsi que le remarque M. Paul Mesnard, contient justement tout lé sujet de la tragédie de Bérénice^ déroulé devant un auditoire chrétien, sous les voûtes de Saint-Denis.
Déjà l'aventure de la troisième Bérénice, son repentir et son expiation, avaient été célébrés par le grand orateur, et cela devant la Reine, alors qu'il avait prononcé, aux Carmélites de la rue Saint-
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Jacgaes, le Sermon pour la profession de Mmdame de La Vallière, duchesse de Vaujour.^. t Qu'aTonsnous va? et qae voyons-^ous? Quel état ! et quel état!... Pour célébrer ces nouveautés samtes, je romps un silence de tant d'années, je fids entendre une voix que les chaires ne connaissent plus*. »
1. c ... Écoutez la parole que le Saint-Esprit adresse aax dames mondaines : « j'ai vu les filles de Sion, la tête levée, marchant d'on pas affecté, arec des contenances étudiées, et faisant signe des yeux à droite et à gauche : pour cela, dit le Seignenr, je ferai tomber tous leurs cheveux, s (Isaïe, ehap., III, versets 16 et 17)... L'âme se dépouille des choses extérieures; elle revient de son égarement...; mais osera-t-elle toucher à ce corps si tendre, si chéri, si ménagé? N^aurat-on point pilié de cette eomplexlon délicate? Au contraire, c*est à lui principalement que Tâme s'en prend, comme à son plus dangereux séducteur... a Cesi ce serpent qui nons a séduits. 3> (Genèse, chap. m, verset 13). Les premiers plaisirs qui nous ont trompés sont entrés dans notre cœur avec une mine innocente, comme un ennemi qui se déguise pour pnlrer dans une place qu'il veut révolter contre les puissances légitimes; ces désirs, qui nous semblaient innocents, ont remué peu à peu les passions les plus violentes, qui nous ont mis dans les fers que nous avons tant de peine à rompre... Messieurs, la vie chrétienne que je vous propose, si pénitente, si mortifiée, si détachée des sens, et de nousmêmes, vous parait peut-être impossible. Peut-on vivre, direz-vous, de cette sorte? peut-on renoncera ce qui plait? On vous dira de là-haut (madame de La Vallière était à la grille d'en haut, avec la Reine) qu'on peut quelque chose de plus difficile, puisqu'on peut embrasser tout ce qui choque. Mais, pour le faire, direz-vous, il faut aimer Dieu d'une manière bien sublime, et je ne sais si on le peut connaître asse2 pour l'aimer autant qu'il faudrait. On vous dira de làhaut qu'on en connaît assez pour l'aimer sans bornes... Allez, Messieurs, et pensez-y. Ne songez point au prédicateur qui TOUS a parlé, ni s'il a bien dit, ni s'il a mal dit. Qu importe qu'ait dit un homme mortel ? Il y a un prédicateur invisible qui prêche dans le fond des cœurs : c'est celui-là
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Tels sont les trois modèles de Bérénice qui se mêlaient dans l'imagination du poète et dans celle dos spectateurs.
Racine, toutefois, avec discrétion, prétend n'avoir tiré sa tragédie que de ces deux lignes de l'historien Suétone : Titiis reginam Bereniœn, .,.cui etiam nuptias pollicitus ferebatur, statim ah Urbe dimisit, invilus invitam. C'est-à-dire, comme il le traduit lui-même en paraphrasant un peu, que « Titus, qui aimait passionnément la reine Bérénice et qui même, à ce qu'on disait, lui avait promis de l'épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire. » Cinq actes sur cette situation unique, c'était hardi. Pour féconder un fonds si mince, et y jeter quelque variélé, il fallait un art de nuances merveilleux, une veine de pathétique doux et tendre, mêlé d'une familiarité noble et poéliquo. Bérénice, cette reine d'Orient, estparenle d'Esther. On a dit avec esprit
que les prédicateurs et les auditeurs doivent écouter... Et vous, ma sœur, qui avez commencé à goûter ces cliastes délices, descendez, allez à l'aulel; victime de la péDÎtence, allez achever voire sacriGce : le feu est allumé, l'encens est prêt, le glaive est tiré ; le glaive est la parole qui sépare l'âme d'avec elle-même pour l'attacher uniquement à son Dieu. Le sacré Pontife (l'archevêque de Paris) vous attend, avec ce voile mystérieux que vous demandez : enveloppez-vous dans ce voile; vivez cachée à vous-même aussi bien qu'à tout le monde, et, connue de Dieu, échappez à vous-même, sortez de vous-même, et prenez un si noble essor, que vous ne trouviez de repos que dans l'essence éternelle du Père, do Fils et du Saint-Esprit, m
que Bérénice était ÏEsthet* des pièces profanes de Racine^. Elle est sœur aussi de celle qui viendra bientôt après elle, l'adorable Monime.
Maintenant que nous avons montré les dessous, vous n'avez qu'à entendre partout Louis XIV au lieu de Titus, et substituer à Bérénice soit Marie Mancini, soit Madame, soit La Vallière, que le Roi est forcé de ne voir qu'à la dérobée; et vous comprendrez comment cette pièce, très faible pour nous, était bien faite pour exciter l'intérêt des contemporains. Mettez-vous, un instant, par l'imagination, au nombre de ces spectateurs, et écoutez le Roi disant ces vers, d'un naturel si pénétrant, où il semble parler de La Vallière, l'humble violette cachée sous l'herbe :
KUe passe ses jours, Paulin, sans rien prétendre
Que quelque heure à me voir, et le reste ù m'attend ro.
ËDCor, si quelquefois, un peu moins assidu,
Je passe le moment où je suis attendu;
Je la revois bientôt de pleurs toute trempée :
Ma main à les sécher est longtemps occupée...
Depuis cinq ans entiers chaque jour je la vois,
Et crois toujours la voir pour la première fois.
Titus voudrait épouser Bérénice ; mais son devoir dWpereur romain le lui défend :
Rome, par une loi qui ne se peut changer, N'admet avec son sang aucun sang étranger.