Acte ni, scène vu
deux sont des victimes impuissantes, mais qu'aussi ils ne sont pas suffisamment intéressants parce qu'ils mentent d'un bout de la pièce à l'autre^ et que c'est bien là ce qu'il y a de moins dramatique au monde. A la vérité, on pourrait répondre que par cela môme ils reprennent un peu la couleur orientale * et un certain caractère historique : carie régime despotique développe l'habitude du mensonge diez les êtres asservis ou contraints qui ne peuvent répondre à la force que par la ruse.
Vous savez quelle péripétie amène la catastrophe finale : une lettre de Bajazet à Atalide, lettre surprise et livrée à Roxane, lui découvre sa rivale heureuse, aimée de Bajazet ; dès lors ils sont perdus tous deux. Voltaire, dans Zaïre, se souviendra de cette lettre et de la pièce tout entière. On peut objecter ici que, si la jalousie d' Atalide a rendu ce billet nécessaire^, il est pourtant un peu plus explicite que de raison. L'auteur avait besoin qu'il en fût ainsi, parce que cela sert à amener le dénouement mais Bajazet n'était pas forcé de fournir une telle arme contre lui-même. A la lecture de ce billet.
1. c Bonne foi et imposture, dit M. Renan, sont des moU qui, dans notre conscience rigide, s'oppflsent comme deux termes inconciliables. En Orient, il y a de l'un à l'autre mille faites et mille détours. :» ~ Vie de Jésus, p. 252.