‹ Racine (volume 2)Chapitre 68 sur 82 · N. M. Bernardin, *op. tou(2.^ t. m, p · texte numérisé non relu

N. M. Bernardin, *op. tou(2.^ t. m, p

LE BOMANTISME DES CLASSI'JUE^

n'ai-je indiqué que les principaux traits de cette œuvre terrible.

En dépit des critiques, le succès fut éclatant. Madame de Sévigné elle-même se débat en vain, elle est forcée de le reconnaître. Vous n'avez pas oublié qu'elle se trouvait à Tune des premières représentations. Elle écrit à sa fille le 15 janvier 1672 : « Bajazet est beau ; j'y trouve quelque embaiTas sur la fin. Il y a bien de la passion, et 'de la passion moins folle que celle de Bérénice... Je voudrais, ma bonne, que vous fussiez venue avec moi, . . . vous ne vous seriez point ennuyée ; vous auriez peut-être pleuré une petite larme, puisque j'en ai pleuré plus de vingt. Vous aurie2 admiré votre belle-sœur *. . . . » Après cet éloge de la pièce^ elle maintient néanmoins <ic que jamais rien n'approchera des divins endroits de Corneille ». Personne ne conteste ce point.

La Champmeslé joua alternativement Roxane et Atalide. Son succès dans Bérénice avait donné à Racine l'idée de lui confier ce dernier rôle, et celui de Roxane à mademoiselle D'Ennebaut. « Dans la suite, disent les frères Parfaict, il changea de sentiment et trouva que cette dernière jouerait mieux Atalide, et mademoiselle de Champmeslé, Roxane. Enfin, après avoir repris et redonné ces rôles, il revint à son premier dessein, de sorte que

1. Madame de Sévigné désigne gaiement par ces mots la Cba^i^meslé) que son fils avait aimée.

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mademoiselle Champmeslé joua Alalidc, et mademoiselle D'Ennebaut, Roxane *. »

On ne peut s*empêcher de regretter que Bajaset soit le seul sujet moderne traité par Racine dans ses tragédies.

Avec la suivante, Mithridate, il retourne aux sujets anciens. Mais c'est encore TOrient qu'il nous représente.

Grande et haute figure que celle de Mithridate. Voilà, dans le théâtre de Racine aussi bien que dans rhistoire elle-même, un caractère qu'il est impossible de confondre avec aucun autre. Le poète peint dignement et avec la variété nécessaire, sans toutefois rompre l'harmonie ( non moins nécessaire selon le grand art ),

Ce roi que TOrient, tout plein de ses exploits, Peut nommer justement le dernier de ses rois,

ceguerrier puissant, fécond en ressources, qui fut aux Romains un autre Annibal, je dirais même un précurseur des Alaric et des Attila, essayant de grouper les nations, de les pousser à l'assaut de

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