‹ RacineChapitre 29 sur 64 · Etther, chapitre II verset · texte numérisé non relu

Etther, chapitre II verset

Il y a donc là une altération assez grave delà légeade. Mais vous sentez combien, par ce moyen, l'histoire idéalisée était agréable aux deux principaux spectateurs. Seulement, que devient alors Tassertion de la préface disant qu'on a fait la pièce a sans altérer aucune des circonstances tant soit peu considérables de TËcriture Sainte, ce qui serait une espèce de sacrilège » ?

Ce n'est pas tout : quelque admiration que nous ayons pour le génie du poète, nous ne saurions admirer autant, ici encore, son caractère, ni son cœur. Lui qui avait flatté madame de IVIontespan toute-puissante, et ses deux sœurs, madame de Thianges et Tabbesse de Fontevrault, il n'hésita pas à tourner ses adulations de l'autre côté aussitôt qu'elle cessa d'être en faveur. Persuadé peut-être, en bon courtisan, que sa fidélité au Roi voulait qu il fût infidèle comme lui à la favorite disgraciée, il flatta désormais avec le même soin l'ancienne gouvernante supplantant sa maîtresse. Dans le temps où, avec Boileau, il lisait au Roi des pages de l'histoire de son règne, les deux poètes s'aperçurent du déclin de l'une et de l'ascendant de l'autre. Louis Racine raconte en ces termes, d'après le récit de son père, cette révolution de palais : « Ces lectures se faisaient chez madame de Montespan. Tous deux (Racine et Boileau) avaient leur entrée chez elle aux heures que le Roi y venait jouer, et madame de Maintenon était ordinairement présente à la lecture. Elle avait, au rapport de Boileau, plus de

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