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VOLTAIRE

Le style de Voltaire a de la clarté, de la netteté, mais ces qualités sont moins frappantes chez lui que chez Montesquieu. Il a moins de précision que ce dernier écrivain, mais la rapidité, la facilité, sont plus remarquables chez Voltaire; cela vient peut-être de ce qu'il a narré plus que Montesquieu. Le comique des Lettres persanes

1 Exactement conforme à la théorie de Mcngs, pour la peinture.

vaut mieux que celui de Voltaire, en ce qu’il n’est pas continuellement souillé par l’odieux, comme celui de Zadig, de YOptimiste, etc.

Voltaire a moins de force et plus de légèreté que l’écrivain auquel on le compare et duquel on ne connaît rien d’aussi léger que les quand, les car, la diatribe sur le docteur Akakia, etc.

La clarté de Voltaire tient à ce qu'il est moins profond que Montesquieu; sa phrase est, en général, courte comme celle du président.

Voltaire n’a rien d’aussi fort et d’aussi profond que les sauvages du Canada (chapitre du Despotisme). Le comique de Montesquieu est plus noble et plus précis que celui de Voltaire. On sent cela en comparant la lettre sur la Religion (dans les Lettres persanes) avec la manière dont Voltaire aurait exprimé les mêmes idées. Il se serait longuement étendu sur l’absurdité de : Trois n'en font qu'un. Il aurait noyé ce sujet dans mille plaisanteries peu nobles.

Le style comique de Voltaire est plus périodique que celui de Montesquieu ; mais l’homme méchant perce partout.

Dans sa correspondance, sa familiarité avec les grands est très-remarquable ; elle est parfaitement noble. Il se met toujours à l’abri de quelque vérité générale, dont il est de l’amour-propre du grand de ne pas douter. Quant au ton, Voltaire, qui avait passé sa jeunesse avec des gens de cour, était de ce côté extrêmement supérieur à tous les écrivains cités ici. Aucun d’eux n’eût répondu au Régent,

DU STYLE

qui lui offrait le département des niaiseries : « Monseigneur, j’aurais trop de rivaux, en voilà quatre. »

Il pique l'amour-propre du lecteur, en lui laissant deviner beaucoup de choses; mais le voile est moins épais que dans Montesquieu.

Sa satire est peu piquante et gâtée par l’odieux. •

Il faut imiter de son style la clarté, la légèreté, la facilité ( Charles XII); il doit servir de modèle surtout dans le genre narratif.

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