‹ Racine et ShakspeareChapitre 14 sur 72 · DE L'ÉDITEUR XXVII · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITEUR XXVII

il saute juste, mais le pied le plus sûr glisse quelquefois 1. »

Ce n'élait pas si mal se connaître. El la chose élait d'autant plus délicale que le romaniisme de Slendhal élail, lui aussi, chose assez paradoxale. En réalité, l'auteur prolonge aulant le xvin® siècle qu’il annonce le x1X£, et il esl permis d'avancer que par son Slyle et son goût pour une formule bien définie du roman, il demeure classique.

Quand il combat les unités au nom de la vraisemblance, il ne songe pas un seul instant que la tragédie classique peut, sans manquer à celle vraisemblance, ne pas excéder la durée d’un jour puisqu'elle n'entend peindre ordinairement qu'une crise qui se dénoue.

C’est qu’il se moque bien de ce paroxysme crilique, il veut assisier au développement des passions. Prenez garde qu'il n’y a plus là une simple querelle de mots : deux syslèmes liliéraires sont opposés, el ce qui sépare ces deux conceplions radicalement contraires, c’est ce qui différencie le roman du théâtre. IL est croyable que Stendhal eût peu réussi à la scène, landis que dans le livre il a laissé ses chefs-d'œuvre d'analyse en nous faisant loucher du doigt précisément comment la passion naîl et se développe.

1. Doris Gunnel : Stendhal et l'Angleterre, pp. 162-168. Traduit du New-Monthly, 1°° avril 1823,

RACINE ET SHARSPEARE, 3

Page 1