Vivant de leur revenu. (Note de Colomb
pas vagues el auxquelles je défie de répondre catégoriquement.
M. Dussault de Paris, ancien ami du célèbre Camille Desmoulins, alors jeune homime plein d’idées généreuses, aujourd’hui Ultrà décidé, bibliothécaire du comte d'Artois, cnnemi juré de tout ce qui est nouveau, el l’un des rédacteurs du Journal des Débais, est le général en chef du parti classique.
11 a pour armée les deux tiers des membres de l’Académie française, tous les journalistes français, même les journalistes libéraux, et tous les écrivains sans génie. Lemercier el Benjamin Constant osent seuls n'être pas Loul à fait de l’avis de M. Dussault, mais ils tremblent.
L’ennemi auquel M. Dussault se lrouve opposé et qu'il ne nomme pas, pour ne pas faire connaître un adversaire aussi redoutable, c’est l'Edinburgh-Review, journal qui se tire à douze mille exemplaires et qu’on lit de Stockholm à Calcutta. Ce journal, qui paraît tous les trois mois, donne des extraits des meilleurs ouvrages qui voient le jour en Italie, en France, en Allemagne et dans les Indes anglaises : C’est dans ces extraits, et à mesure du besoin, que les
1. L'Ædinburgh-Review paraît depuis 1802. Chaque cahier de deux cents pages très-serrées coûte, à Londres, sept francs quarante centimes et à Genève dix francs, cela fait une dépense de quarante francs par an. Les rédacteurs connus sont MM. Jeffrey, Smith, Makintosch, Alison, Makensie, etc., et trente ou quarante rédacteurs volontaires qui, de toutes les parties de l'Angleterre, envoient des articles anonymes. M Jeffrey, sans savoir leurs noms, choisit les meilleurs articles.
les poétiques imprimées par des pédants, avant le règne de la philosophie. Il est temps de rabattre leur orgueil et de crier à tous ces critiques surannés que ce qu'ils avancent avec confiance, comme un principe incontestable, est une asserlion, qui tandis que leur langue est occupée à la prononcer, est démentie par leur conscience intime et par leur propre cœur.
Il est faux qu'aucune représentation soit jamais prise pour la réalité ; il est faux qu'aucune fable dramatique ait jamais été malériellement croyable, ou ait jamais été crue réelle pendant une seule minute.
L’objection que les pédants tirent de l'impossibilité de passer la première heure à Alexandrie d'Egypte el la seconde à
rome suppose que quand le Sipario se lève le spectateur se croit réellement à Alexandrie et imagine que la course de son carrosse, qui la conduit de chez lui au théâtre, a été un voyage en Egypte, et qu'il vit du temps d'Antoine et de Cléopâtre. Gertes, l’imaginalion qui aurait fait ce premier effort pourrait en faire un second ; l'homme qui, à huit heures du soir, peut prendre le théâtre pour le palais des Ptolomées peut aussi le prendre une heure après pour le promonloire d’Actium ; l'illusion, si vous voulez admettre l'illusion, n’a pas de limites certaines. Si le spectateur peut être persuadé une fois que tel acteur, son ancienne connaissance, est Don Carlos ou Abel, qu’une salle éclairée avec des quinquets est le palais de Philippe II ou la caverne d’Abel, il est
7, TT, +. sh. |
dans un (el état d’extase, son sentiment actuel l’élève tellement hors de la portée de la raison et de la froide vérité, que des hauteurs qu’'habite son âme il peut mépriser toutes les impossibilités de la nature terrestre. Il n’y a pas de raison pour qu'une âme voyageant ainsi dans les régions de l’extase compte les heures qui frappent à Phorloge, et l’on m'avouera qu'une heure peut sembler un siècle à l’homme qui a pu prendre un théâtre pour un champ de bataille.
La vérité est que nous n’avons pas le bonheur de trouver au théâtre un tel degré d’extase. Alors quel puissant remède serait le théâtre pour les peines de l’âme ! Le spectateur est assez froid quand il commence à goûter le plaisir d’une belle tragédie. Les spectateurs sont toujours dans leur bon sens, et savent fort bien, depuis le premier acte jusqu’au dernier, que le théâtre est seulement un théâtre, et que les comédiens sont seulement des comédiens. Ils savent fort bien que la Marchioni est la Marchioni, et que Blanès est Blanès. Ils viennent au théâtre pour écouter un certain nombre de vers de l’immortel Alfieri, récités avec des gestes parfaitement analogues ai sentimenti che esprimono et un ton de voix agréable. Ces vers ont rapport à un fait quelconque, et un fait doit se passer quelque part; mais les différentes occurrences dont la réunion complète le drame peuvent se passer en des lieux très-éloignés l’un de l’autre. Et, je vous prie, où est l’absurdité d’accorder
ce qui lui donnait tant de peine à apprendre. Il fut fimide avec les anciens, el par là ne les compril jamais. Au lieu d’imiter Racine, il eût imité Eschyle. Imitons les Français si nos pédants et Alfieri le veulent absolument, mais imitons-les comme le Dante a imité Virgile.