‹ Racine et Victor HugoChapitre 106 sur 118 · V. HUGO ET LA POÉSIE FRAiSÇAISE AU XLV SIÈCLE. 30'J · texte numérisé non relu

V. HUGO ET LA POÉSIE FRAiSÇAISE AU XLV SIÈCLE. 30'J

cieuses où ne subsiste aucune ressemblance avec l'alouette ni avec l'aigle montant librement dans les cieux.

Comment ne voit-on pas, en effet, qu'une préoccupation excessive de la rime doit gêner toute inspiration et rompre toute logique, en substituant à l'association normale des idées les encbaînements bizarres que la tyrannie fortuite d'un son plus riche et plus plein que les autres impose, en dépit de Minerve, à l'esprit des rimeurs ?

Du culte exagéré de la rime vient encore la pauvreté des motifs ou leur étrangeté. Le besoin luxueux d'une consonne d'appui diminue considérablement le nombre déjà si restreint des mots qui riment ensemble, par suite le nombre des idées; et comme la pensée ne peut être en définitive que ce que la rime lui commande ou lui permet d'être, il devient extraordinairement malaisé au poète de n'être pas banal, s'il veut garder le sens commun, ou de n'être pas absurde, s'il veut trouver quelque chose de neut.

Victor Hugo s'était vanté avec raison d'avoir, en délivrant lo mot, délivré la pensée '; et voilà

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