‹ Racine et Victor HugoChapitre 107 sur 118 · El je n'ignorais pas que la main ciuiri-oucée · texte numérisé non relu

El je n'ignorais pas que la main ciuiri-oucée

Oui délivre le mot, délivre la pensée.

RéiJûUie a un acte (^accusation.

qu'à peine cette liberté précieuse rendue aux écrivains, la révolution romantique s'empresse de la confisquer ! Les théoriciens de la rime trop riche remettent à l'esprit les menottes que venait justement de lui ôter le libérateur de la lang"ue ! Les législateurs du Parnasse moderne ont l'aplomb de dire au poète : « Tu es libre ; tous les mots de tous les lexiques sont à ta disposition; ornes-en ta mémoire, enrichis-en toii vocabulaire ; seulement tu ne feras rimer fléaic qu'avec préau, abeille qu'avec corbeille^ rubis qu'avec brebis, profonde qu'avec fonde ou ses composés '. » Ces puristes nouveaux en sont venus à cet excès de scrupule et de pruderie, d'être tout scandalisés des licences qu'ont prises les classiques ! N'est-ce pas une chose étrange ,

1. Si la consonance d'une syllabe est bonne, celle de deux ou de plusieurs syllabes est meilleure encore, et nous arrivons ainsi à la rime calembour (Racine rimant avec racine. Corneille avec corneille, souffre avec soufre), que certains romantiques prisent fort eu effet. M. Guyau, qui les i-aille avec esprit et qui dit : « Plus le calembour est complet, meilleure' sera la rime, et aussi le vers, puisque la rime fait le vers », aurait pu citsr, comme les chefs-d'œuvre du vers français, ces deux distiques que le regretté Marc-Monnier a composéspar jeu :

Gall, amant de la reine, alla (tour magnanime) Galamment de l'arène à la tour Magne, à N!me.

Laurent Pichat, virant (coup hardi), bat Erapis. Lors Empis, chavirant, couard, dit : Bah I tant piil

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