CONCLUSION
Plusieurs fois, dans le cours de cette étude, j'ai parlé de l'école de Victor Hugo. A \Tai dire, Victor Hugo n'a point d'école unique; mais de ce grand et complet poète, centre de la littérature du siècle, rayonnent diverses écoles oii se reflètent les faces diverses de son génie.
Ainsi, l'école proprement romantique^ qui s'inspire de la poésie du nord et généralement des littératures non classiques, de l'époque du moyen âge et généralement de l'ancienne France jusqu'à Louis XHI, a dans Notre-Dame de Paris son monument magistral, ainsi que dans Hernayii, Marion de Lorme et les autres drames de cape et d'épée dont on voit flamboyer les couleurs pittoresques autour de quelque héros à l'âme sombre.
314 RACINl:: ET VICTOR HUGO.
L'école romantique est passée de mode depuis une quarantaine d'années ; mais l'école réaliste est en pleine faveur, et ^on programme remonte à la préface de Cromwell, où le chef de la grande réforme littéraire réclame pour la nature entière, pour la laideur aussi bien que pour la beauté, le droit de figurer dans les tableaux de l'art. M. Zola n'aurait pas dû oublier cette origine, lorsqu'il a levé si fièrement l'étendard contre le romantisme et contre Victor Hugo considéré, par un préjugé très étroit, comme la personnification du seul romantisme.
L'école de l'art pour Vart. qui a pour coryphée Théophile Gautier, procède primitivement de la pétulante préface des Orientales; et s'il avait plu à M. Alexandre Dumas fils de rattacher sa doctrine contraire de l'art utile à quelque formule ultérieure du jeune maître devenu plus grave, il n'aurait eu que l'embarras du choix.
L'école dite des Parfiassiens, qui a pour caractère distinctif le dédain de la pensée et de l'émotion, le culte de la forme et de la rime, prétend relever directement de Victor Hugo et n( se trompe peut-être pas ; mais M. Sully Prud homme, qui s'émeut et qui pense, a très certainement échaufi"é d'abord son tendre et profond