V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX' SIÈCLE
génie au foyer poétique de l'auteur des Voix intérieures
Je cherche au xix^ siècle un poète français qui soit resté en dehors de l'influence de Victor Hugo et je n'en trouve vraiment point, puisque Musset, qui se moque de lui, est né et a grandi sous son ombre, puisque Lamartine, son frère aîné, a fini par l'imiter. Baudelaire lui-même, disciple évident de Victor Hugo comme écrivain, mais d'ailleurs fort différent du maître, pourrait justifier le choix d'horreurs malsaines oià se complaît son âme pervertie et son imagination corrompue, par l'exemple du poète immense qui a écrit /<? Crapaud ei qui a dit avec humeur :
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie Parce qu'on les hait '.
Mais les deux pièces auxquelles je fais allusion ont été inspirées par la bonté ; elles n'ont donc qu'une ressemblance d'étiquette avec les sujets favoris du triste auteur des Fleurs du mal. S'il y a dans l'œuvre de Victor Hugo quelque apparence de pessimisme, s'il est possible, en cherchant bien, d'y découvrir les traces de cette maladie du siècle qui a commencé par la langueur et le