‹ Racine et Victor HugoChapitre 18 sur 118 · V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX' SIÉCUE. i.H · texte numérisé non relu

V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX' SIÉCUE. i.H

sation banale des gens du monde. Premier lieu commun : Victor Hugo a fait de beaux vers ; second lieu commun : il en a fait aussi et beaucoup de mauvais; troisième lieu commun : qu'en restera-t-il?

Ce qu'il en restera, bonnes gens? rassurezvous. Il en restera plus qu'il ne faudrait pour faire la fortune littéraire do dix, de vingt, de trente, de cent de ces dégoûtés qui se récrient à presque toutes les pages du poète et du prosateur. Faites aussi grande que peut l'exiger la plus sévère censure la part du fatras périssable dans le bagage littéraire de Victor Hugo, vous m'accorderez bien qu'il restera toujours de quoi composer au moins un volume de ses œuvres choisies *. Or, un volume, c'est plus qu'il n'en faut pour l'usage de la postérité paresseuse. L'épuration terrible dont on menace les quarante-six volumes de Victor Hugo comme d'une sorte de vengeance et de mesure exceptionnelle, ne sera rien de plus, ne vous y trompez pas, que la règle uniforme invariablement appliquée

4. La meilleure chrestomathie de Victor Hugo est celle qu'a fait paraître à Leipzig, en 1884, M. Martin Hartmann. Le même auteur vient de publier une table chronolngique très di^'tailléft de tous les ouvrages du poète et des faits saillant» de sa vie.

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ilepiiis la plus haute antiquité à tous les grands et féconds écrivains qui ont laissé un bagage considérable. Que lit- on aujourd'hui de Corneille, de Voltaire , de Rousseau , de Chateaubriand, de Lamartine? Que lit-on de Shakespeare? Que lit-on de Gœthe? Moins peut-être qu'on ne lira de Victor Hugo, pas plus selon toute probabilité : nous n'en demandons pas davantage.

La variété des talents et des œuvres n'est pas moins frappante à première vue chez notre poète que l'abondance de la production.

L'éducation moderne tendant à diviser de plus en plus le travail et les aptitudes, Hugo aura peut-être été dans notre littérature le dernier exemple d'un génie presque universel. Ode, ballade, élégie, narration épique, satire, drame, épître, roman, voyages, histoire, critique littéraire, philosophie, éloquence : quel genre de vers ou de prose sa plume n'a-t-elle pas essayé? Tout à fait supérieur dans quelques-uns, il a brillé dans tous d'un vif et singulier éclat.

S'il faut bien reconnaître que son théâtre n'égale pas celui de Shakespeare pour l'ampleur

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