Saint Paul, I" op'itve aux Corintliiens, II
2. Schiller se plaint à Goethe que M°* de Staël éloigne de lui toute poésie, parce que « voulant tout expliquer, tout comprendre, elle n'admet rien d"obscur, rien (l'impénétrable... Ce que le flambeau de sa raison ne peut éclairer n'exisie pas pour elle. » Un Français de race, mais qui avait reçu le baptême de l'esprit étranger, Ximénès Doudan. écrit dans une de ses lettres si pleines de charme et de raison :
« Il y a des moments ou j'aime autant un grand gâchis qu'une précision étroite. J'aime autant de grands marais troubles et profonds que ces deux verres d'eau claire que le génie français lance en l'air avec une certaine force, se flattant d'aller aussi haut que la nature des choses. 11 y a longtemps que je pense que celui qui n'aurait que des idées claires serait assuréni 'Mit un sot... Les poêles sont sur les confins des idées claires et du grand inintelligible. Ils ont déjà quelque chose de la langue mystérieuse des beaux-art', qiu fait voir trentesix mille chandelles. Or, ces trente-six mille chandelles sont le rayonnement lointain des vérités que notre intelligence ne peut pas aborder de front. »
la clarté de l'expression contre l'obscurité des choses. Pénétré, comme tous les grands poètes doivent l'être, de l'effroi du mystère qui nous entoure, il ne se complaît pas. à la façon de sceptiques, dans le doute et dans l'ignorance c'est-à-dire dans les ténèbres : il veut sortir d' l'abîme, et son style porte continuellement la marque de l'effort que fait sa pensée vers la lumière. Si nous ne le comprenons pas toujours, c'est qu'il n'a point pu parvenir lui-même à saisir l'incompréhensible, ce n'est pas qu'il se soit pavé et bercé paresseusement, comme d'autres poètes l'ont fait, de non-sens mélodieux.
Le poème d' Eviradnus contient, il est vrai, une chanson qui ne renferme pas de sens bien précis, mais parce qu'elle n'en doit point offrir, et rien peut-être ne montre mieux que cet exemple jusqu'où peut aller la magie de l'art et du style de Victor Hugo. « Ce qui ne vaut pas la peine d'être dit. on le chante ». a dit Figaro. Il s'agissait, en cette occasion, de composer avec des mots une vague musi(jue. et de produire sur l'oreille charmée du lecteur l'illusion d'une voix chantante indistinctement entendue dans le lointain :