V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX- SIÈCLE
béhémoth parmi les génies. On croit sentir, en lisant Eschyle, qu'il a hanté les grands halliers primitifs, houillères aujourd'hui, et qu'il a fait des enjambées massives par-dessus les racines reptiles et à demi vivantes des anciens monstres végétaux... sous la moisissure gigantesque des monocotylédones, sous les fougères hautes de cinq cents coudées où fourmillaient tous les premiers modèles horribles de la nature, et où vivaient dans l'ombre on ne sait quelles cités difformes, telles que cette fameuse Anarodgurro, dont l'existence fut niée jusqu'au jour où. elle envoya une ambassade à Claude , Gagasmira , Sambulaca, Maliarpha, Barygaza, Gaveripatnam, Sochoth-Benoth... *
Si cette appréciation assourdissante d'Eschyle nous renseigne peu sur le poète grec, elle constitue en revanche un précieux document pour le critique curieux d'étudier l'espèce de maladie mentale qui fut comme la rançon du génie chez le plus grand poète de la France, et qu'un médecin des monstruosités intellectuelles pourrait, avec assez d'exactitude, désigner par le terme d'hype?'trophie de rimaginatiori.
Folie vraiment bizarre, étrange aberration, non point, encore une fois, de préférer la grandeur à la vérité, comme Schiller, Alfieri, Cor-