‹ Racine et Victor HugoChapitre 45 sur 118 · Sludus in LiUraLare · texte numérisé non relu

Sludus in LiUraLare

son fini et son poli. De là certaines contradictions, qu'on peut trouver choquantes; car si notre poète possède à un très haut degré l'esprit d'inve7ition et de verve qui donne à une idée tout le piquant, le relief et l'éclat dont elle est susceptible, il manque de r esprit de finesse qui adoucit les angles, prévoit et prévient les objections, fait d'avance la part de l'adversaire ou l'introduit adroitement dans la place pour le désarmer.

Par exemple, la préface des Orientales développe avec une juvénile insolence la théorie de l'art pour l'art :

A voir les choses d'un peu haut, écrit fièrement le jeune auteur, il n'y a en poésie ni bons ni mauvais sujets, mais de bons et de mauvais poètes... La critique n'a pas de raison à demander, le poète n"a pas de compte à rendre. L'art n'a que faire des lisières, des menottes, des bâillons : il vous dit : Va! et vous lâche dans ce grand jardin de poésie, oîi il n'y a pas de fruit défendu. L'espace et le temps sont au poète. Que le poète donc aille où il veut en faisant ce qui lui plaît ; c'est la loi. Qu'il croie en Dieu ou aux dieux, à Platon ou à Satan, à Ganidie ou à Morgane, ou à rien... c'est à merveille. Le poète est libre.

Plus tard, l'écrivain a déclaré au contraire,

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