‹ Racine et Victor HugoChapitre 46 sur 118 · V. HUGO ET LA POESIE FRANÇAISE AU XIX- SIÈCLE · texte numérisé non relu

V. HUGO ET LA POESIE FRANÇAISE AU XIX- SIÈCLE

avec plus de gravité et la même assurance, que l'art est chose utile, sérieuse, sacrée, et que le poète a charge d'âmes; jamais il ne s'est inquiété de découvrir le point délient et subtil par lequel Be touchent et pourraient s'accorder ces deux assertions spécieuses et même plausibles l'une et l'autre, bien qu'elles paraissent se contredire, mais qui ne restent peut-être impossibles à concilier que pour une critique superficielle. Nous avons lu son amusante et spirituelle boutade contre la sobriété en poésie * : il est clair que ce morceau brillant n'est qu'une face de la vérité; or une vérité incomplète, isolée par oubli, par ignorance ou par système, de la contre-partie qui, en l'atténuant, l'achèverait, mérite de changer de nom et de s'appeler une erreur. Ne critiquant jamais ses propres idées, Victor Hugo s'est accoutumé de plus en plus à les proclamer comme les aphorismes d'une sagesse supérieure et indiscutable. C'est particulièrement dans ses préfaces qu'il prend ce ton d'oracle; nulle part le grand poète ne prête davantage au ridicule que dans ces morceaux sentencieux et vides où il ouvre gravement une bouche inspirée pour révéler au monde avec solennité des vérités mal

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