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V. HUGO ET L4 POESIE FRANÇAISE AU XIX- SIECLE

Cherchant les lieux profonds, les forêts, les abîmes. Pâle, horrible, effaré, reconnu par les loups;

Dans quelque bagne vil n'entendant que sa chaîne, Seul, toujours seul, parlanten vain aux rochers sourds, Voyant autour de lui le silence et la haine, Des hommes nulle part et des spectres toujours;

Vieillissant, rejeté par la mort comme indigne. Tremblant sous la nuit noire, affreux sous le ciel bleu... Peuples, écartez-vous! cet homme porte un signe : Laissez passer Gain I il appartient à Dieu *.

L'admiration sans mesure et sans réserve que Victor Hugo a longtemps conservée pour Napoléon le Grand, montre à quel point sa politique est une politique de poète, combien chez lui l'imagination est la seule faculté active dans l'idée qu'il se fait des personnages et des événements historiques.

L'éclat des victoires du premier Empire, la force et la grandeur du géant qui refit la carte de l'Europe, l'avaient ébloui, étourdi, fasciné, jus(ju'à le rendre inattentif et indifférent aux protestations de la conscience morale et de l'humanité :

i. Sacer esta, ibid.

Cet homme étrange avait comme enivré l'histoire ; La justice à l'œil froid disparut sous sa gloire '.

L'amour de la femme n'a certainement pas inspiré à notre poète des vers aussi brûlants, aussi passionnés que ceux qu'il adresse à mainte reprise au héros de l'épopée impériale :

Toujours lui! lui partout!...

Il verse à mon esprit le souffle créateur.

Je tremble, et dans ma bouche abondent les paroles

Quand son nom gigantesque, entouré d'auréoles,

Se dresse dans mon vers de toute sa hauteur.

Là, je le vois, guidant l'obus aux bonds rapides, Là, massacrant le peuple au nom des régicides; Là, soldat, aux tribuns arrachant leurs pouvoirs; Là, consul jeune et fler, amaigri par les veilles, Que des rêves d'empire emplissaient de merveilles, Pâle sous ses longs cheveux noirs.

Puis, empereur puissant, dont la tête s'incline. Gouvernant un combat du haut de la colline, Promettant une étoile à ses soldats joyeux. Faisant signe aux canons qui vomissent les flammes. De son âme à la guerre armant six cent mille âmes, Grave et serein, avec un éclair dans les yeux 2.

Tel était, en 1827, le culte enthousiaste de l'auteur des Orientales pour Napoléon,

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