V. HUGO ET T,A rOÉSTE FRANÇAISE AU XIX* SIÈCLE
près du christianisme que Victor Hugo constatant avec une « épouvante » fort paisible l'affaiblissement progressif de la foi chrétienne à notre époque :
... Mais parmi ces progrès dont notre âge se vante, Dans tout ce grand éclat d'un siècle éblouissant, Une chose, ô Jésus, en secret m'épouvante, C'est l'écho de ta voix qui va s'affaiblissant *.
Nous ne sommes point touchés de V épouvante du poète, parce que nous savons trop bien qu'un voyant tel que lui, et un artiste aussi tel que lui, ne manquera jamais de vérités à enseigner aux hommes, quand la vérité révélée n'aura plus de croyants.
Victor Hugo s'est troublé, en effet, si peu des progrès de l'incrédulité religieuse, qu'il en est venu à railler lui-même les dogmes du christianisme; oh! sans doute, il n'a jamais perdu le respect plein d'adoration et d'amour que tout poète, tout homme, ne peut manquer d'avoir pour la grande victime du Calvaire,
le Dieu pensif et pâle Qui, debout sur la croix et sous le firmament,