Noces cl fjsti
2o4 RACINE KT VICIOR HUGO.
ginalité excessive condamne l'écrivain à une
solitude 011 quelques délicats, qui souvent sont
des malades, vont seuls lui tenir compagnie. La
nourriture de l'humanité, ce sont ces vérités
éternelles, ces errandes idées communes vieilles comme le monde et toujours neuves, sans âge
parce qu'elles sont de tous les temps, aussi nécessaires à nos esprits que l'eau des fontaines et des fleuves, le sel de l'océan et les fruits de la terre le sont à l'entretien de nos corps, « Comme la mer, a dit magnifiquement Victor Hugo, la poésie dit chaque fois tout ce qu'elle a à dire ; puis elle recommence avec une majesté tranquille et avec cette variété inépuisable qui n'appartient qu'à l'unité *. »
Cherchez au fond de toute grande poésie comme de toute grande éloquence : vous n'y trouverez pas autre chose que des lieux communs. Seulement il faut que ces lieux communs remplissent la double condition si magistralement remplie par Bossuet dans ses oraisons funèbres : il faut qu'ils soient relevés par le style et dits avec autorité^ l'autorité que donne l'expérience de la vie. Il faut que le poète, quand il parle de l'amour, de la famille, de la nature,