‹ Racine et Victor HugoChapitre 81 sur 118 · V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX* SIÈCLE, 2G · texte numérisé non relu

V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX* SIÈCLE, 2G

peu plus tôt ou un peu plus tard, un rôle prépondérant qui a fini par primer tout et le mettre seul en pleine lumière. Sans doute il a eu des collaborateurs plus ou moins brillants et des devanriers plus ou moins obscurs'; sans doute il a commencé par payer, lui aussi, son tribut au style noble et à la périphrase, puisqu'en 1825 il écrivait encore :

Couvre-toi du tissu, trésor de Cachemir',

ce qui signifie : Mets ton châle. Mais à partir des Onentales, de Cromwell et de sa célèbre préface, la langue française est délivrée.

Car le caractère de cette révolution, c'est d'être une délivrance, un retour à Vancieiine franchise. Quoi que le monde en ait dit, quoi qu'il ait pu lui-même en penser, Victor Hugo, écrivain, n'innove guère; il restaure surtout et il conserve.

Il remonte, par delà le dix-huitième siècle,

•1. On a fait grand bruit des précurseurs de Victor Hugo, pour diminuer sa part d'invention, dans la réforme de la poésie Bt du théâtre comme daus celle de la langue et du vers. L'importance exagérée qu'on attache à ces questions de priorité vient en général de la fausse idée qu'on se fait du mérite et de la nature de l'invention littéraire; mais il faut avouer aussi .que l'attitude peu modeste du jeune poète a trop souvent provoqué et justifié les réclamations de la critique.

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