Odes et Ballades, XX. Promenade
d'abord à notre grande époque classique, à Boileau, qui appelait « un chat un chat » ; à La Fontaine, qui est assurément notre plus grand poète de la nature avant Victor Hugo (supérieur en ce point à Victor Hugo même, parce qu'il est toujours naturel), et qui pourrait être notre plus grand poète absolument, si le monde de la création animée composait seul toute la matière de la poésie; à Molière, héritier comme La Fontaine des libres traditions de la langue et de la litté- «•ature nationales; à Corneille, dont Voltaire critiquait le vocabulaire peu noble, à son avis, c'est-à-dire trop riche ; enfin à Racine lui-même, SI profondément différent de l'école qui, au dixhuitième siècle, se flatte de l'imiter, à Racine, grand et souverain poète, seul digne de faire pendant à Victor Hugo dans l'histoire de la poésie française, car ils sont tous deux les représentants les plus complets, l'un du genre classique, l'autre, du genre appelé romantique avec plus ou moins de propriété.
Ici pourtant prenons garde d'aller jusqu'à l'exagération naïve de certains critiques qui ont loué outre mesure dans les tragédies de Racine l'emploi de quelques mots appartenant au vocabulaire familier. Sans nier que l'auteur à'Atha-