NOUVEAUTES DE LA TRAGEDIE DE RACINB
Comme la plupart des novateurs. Racine commença par imiter. Au moment où il écrivit ses premières pièces, deux hommes régnaient au théâtre : Corneille et (Juiuault.
Corneille, au temps de ses chefs-d'o-uvre, avait su' donner un éclat incomparable au drame héioi(|ue,|i toujours dominé chez lui par l'idée du devoir, et tout! empreint d'une haute moralité. .Mais cette conception' de la tragédie avait ses dangers. Le poète était condamné à peindre toujours des personnages choisis hors du commun et mis aux prises avec des événements exceptionnels. Que Tinspiralion vienne moins puissante ou moins sûre, etCtjrneille s'égare à la poursuite d'un idéal inaccessible : il donne alors à ses personnages tant de vertu, tant de raison, qu'il les rend ennuyeux et froids ; il raffine si bien sur l'amour, qu'il tue laniour ou le subordonne à la politique ; de l'héroïque il tombe