IN BRELAN DE JOYEUX COMPAGNONS
moitié, et s'en venait respirer le bon air de la liberté chez son oncle Jounart, quai des Augustins, à deux pas de l'hôtel de Luyiics.
Bien qu'il y eût entre Racine et lui une grande différence dâge (dix-huit ans), la Muse et un vague cousinage les avaient rapprochés, et ils se virent bientôt presque tous les jours, menant ensemble joyeuse vie, de l'aveu même de Racme, qui lui écrira en 1661 : « J'ai été loup avec vous et avec les autres loups, vos compères. » Et qu'on ne croie point que leurs débauches fussent seulement de poésie : la tempérance des deux amis savait céder aux circonstances. Lorsqu'un peu plus tard Boileau- Despréaux se sera joint à eux, ils formeront une brigade pleine de fantaisie et de bonne humeur, et qui se grossh'a de Chapelle, de MoUère, du duc de Vivonne, du chevaher de Xantouillet. du « cousin » Poignant et de bien '1/autres. Tantôt la bande s'assemblera chez BoUeau. dans
•n petit logis de la rue du Colombier, et tantôt eUe empiii'a de ses laezi et de ses chants les cabarets de la ])lace du cimetière Saint-Jean et de la rue de la Licorne : le Mouton Blanc, la Pomme de Pin, la Croix de Lorraine. Mais Racine ne connaît encore ni Boileau, ni Molière, et, devant que La Fontaine le convie à la lecture des Amours de Psyché, laissons-le partir chez les « Scythes », à Uzès, oii l'attire le mirage d'une grosse sinécure "ecclésiastique.