‹ Radiodiagnostic des Grossesses EctopiquesChapitre 13 sur 21 · AY · texte numérisé non relu

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Carlos Heuser cependant, est très affirmatif, en prétendant avoir pratiqué l’injection intra-utérine systématiquement chez des femmes enceintes sans avoir jamais provoqué d’avortement par celte méthode. Bien mieux, dit-il, le D' Uslenghi, le Dr Martinez et lui-même, ont essayé de provoquer l’avortement chez des femmes tuberculeuses par ce moyen-là, alors que cela était nécessaire, et n’ont pu y parvenir.

En France, MM. Vayssière et Imbert rapportent le cas suivant où malgré cette intervention la grossesse a évolué normalement.

Obs. III. — «Elise M..., entre le r0 février 1928 dans le service de clinique gynécologique pour douleurs dans la fosse iliaque gauche et leucorrhée.

Antécédents : Réglée pour la première fois à 17 ans, règles très irrégulières et douloureuses. À la suite d’un avorlement de cinq mois, très vraisemblablement provoqué et remontant à un mois et demi environ, sesontinstallés des troubles métritiques et annexiels décidant la malade à entrer à l'hôpital.

L’interrogatoire met en évidence une hypoménorrhée par périodes, surtout caractéristique dans les deux ou. trois derniers mois, sans cependant que l’on puisse affirmer d'une manière certaine l'interruption des règles. En outre les réponses de la malade sont assez réticentes.

Le toucher montre un col mou, métrité, un corps utérin déjeté à droite et en avant. Il semble coiffer une masse située dans le cul-de-sac gauche ayant environ les

RE dimensions d’une mandarine. La température oscille aux environs de 38°. On porte le diagnostic d’annexite gauche.

Deux jours après, le tableau clinique a varié : le petit bassin paraît plus libre, la masse latérale gauchë semble être constituée parle fond de l’utérus. Celui-ci est latérofléchi et nettement augmenté de volume. On flaire une grossesse possible, malgré les réponses tendancieuses de la malade qui cherchait, nous en eûmes la preuve plus tard, à nous induire en erreur. Ultérieurement, l’utérus paraît se redresser, les culs-de-sac latéraux sont complètement libérés. Tous ces phénomènes ne s’accompagnent d'aucune métrorragie, le diagnostic de grossesse de deux mois environ se confirme.

C'est alors qu’à la suite d’une erreur matérielle du numéro de lit, une hystérographie fut pratiquée ; la malade se garda bien de protester. Nous reproduisons cicontre le cliché obtenu :

De face on remarque :

1° Que la cavilé utérine apparaît sous forme de croissant irrégulier à concavité tournée vers la gauche.

2° Qu'un piqueté noirâtre, persistant 24 heures sur l’épreuve de contrôle et répandu dans la moitié gauche du petit bassin ne laisse aucun doute sur le passage du lipiodol dans le péritoine.

L'épreuve de profil permet de compléter ainsi les renseignements : la forme anormale de la cavité utérine était due au développement d’une tumeur (?) dans sa cavité,

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3° Certainement une des trompes et vraisemblablement les deux étaient perméables.

Sur ces entrefaites Elise M... quittait le service sur sa

Fig. 3

demande sans qu'aucun accident n’ait suivi l'épreuve hystérographique.

Nous avons eu la bonne fortune d’obtenir des renseignements réguliers sur sa grossesse, aucun incident n’est survenu. L'accouchement normal s’est effectué

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dans des conditions parfaites il y a deux mois environ ».

Nous voyons d’après cet exemple et les expériences de Carlos Heuser que l'injection intra-utérine de lipiodol peut très bien n’avoir aucune influence sur la grossesse, ne la troubler en aucune façon.

Doit-on, s'appuyant sur ces faits, la pratiquer sans se préoccuper de l’état de gravidité ? Certainement non. La prudence l’interdit. On doit toujours penser à la conséquence possible d’une telle opération, l'avortement, et s'abstenir toutes les fois que la grossesse sera soupçonnée.

En somme il semble qu’on puisse pratiquer sans danger l’injection intra-utérine de lipiodol sous pression limitée de 25 à 30 cm. de mercure dans tous les cas, excepté dans les cas d'infection aiguë et de grossesse soupçonnée, |

Résultats de cette méthode

Quelle est la valeur pratique de cette méthode pour le diagnostic de la gestation ectopique ?

Quand l'appareil génital est normal et les trompes perméables, le lipiodol, après avoir rempli Putérus, pénètre les trompes puis marque en une tache plus large le pavillon et enfin s’étale dans le péritoine.

Lorsque la trompe est oblitérée au niveau du pavillon le lipiodol donne une image très nette du trajet: tubaire qui reste bien rempli et il n’y a aucune pénétration du liquide dans le péritoine. Lorsque l’oblitération siège à la corne utérine la trompe n’est pas injectée du

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