‹ Raffet, sa vie et ses œuvresChapitre 8 sur 15 · Postes des colonies militaires hongroises · texte numérisé non relu

Postes des colonies militaires hongroises

7 Berger du Bannat;

8 Enfants hongrois sortant de l'école.

Il fit ensuite pour M. Barba les dessins de Zizine, le Tourlourou; Moustache; Un jeune Homme charmant; M. Mouton; Mœurs parisiennes (deux planches).

Pour M. Pourrat : le US brumaire.

Pour Décrouan, un petit croquis de Bonaparte; le portrait à l'aquarelle de M. Schlesinger, et la lithographie du portrait de M. Scellier, au lit de mort. M. Scellier était le propriétaire de la maison qu'habitait l'artiste. Puis il reprit pour M. Furne les travaux interrompus par son voyage : Henry IV à Ivry ; Jeanne cV Arc ; Clovis et le Soldat; Ruines de Sagonte; Bataille de Guadalète; la Saint-Barlhelemy ; Abdallah et Abd-el-Rhaman; Sartorius; la tête d'Abd-el-Azis présentée à son père Mouza; Wamba, moine; Zeid, prisonnier.

Le 6 novembre, la petite affiche pour Y Histoire de Napoléon, par Norvins, était livrée à l'impression, et le 15 décembre il terminait la grande affiche pour la même Histoire, qu'il venait d'entreprendre d'illustrer de 348 dessins.

Dans les premiers jours de l'année 1839, Raffet s'occupa de cette nouvelle publication en même temps que de son voyage en Russie, pour lequel il exécuta les planches suivantes :

1 Frontispice (retouché, puis recommencé); • 9 Paysans valaques (Valachie) ;

11 Tour de l'Horloge;

12 Foire de Saint-Pierre;

13 Barbier tsigane;

14 Église de Saint-Georges;

15 Assemblée générale des Boyards ;

16 Église grecque;

17 Infanterie valaque défilant au pas de course ;

18 Ronde valaque;

19 Passage du Bouzéo ;

10 H \ FI il.

20 Relais moldave (Moldavie); L2\ Pamille tsigane en voyage; 22 Poste aux chevaux ; 27 Arrivée à Kicheneff.

Il en ('-lait là de ses travaux, lorsqu'un jour Fume vint lui dire : « Mon eher Raflêt, il faut absolument que mon livre soit terminé à la lin de cette année; mettezvous en quatre, s'il le faut; mais j'ai le plus grand intérêt à ce qu'il n'y ait point de retard. » C'était plus qu'il n'en fallait pour que l'artiste tentât même l'impossible. Il promit, confiant dans son génie toujours fertile en inventions heureuses et dans sa santé si robuste, qu'il détruisait cependant peu à peu , sans s'en apercevoir. Enfin, dans le courant de décembre, il terminait la dernière planche de cet ouvrage, c'est-à-dire la tâche énorme qu'on lui avait imposée !

Pauvre Raflfet ! je le vois encore le soir, assis dans un grand fauteuil , entouré de trois lampes à réflecteur placées à sa gauche, à sa droite et vis-à-vis de lui, et combinées de façon à produire une lumière égale : c'est à l'aide de ce système d'éclairage que, pendant les derniers mois de cette année, il put, en sacrifiant les heures consacrées au repos, travailler de 18 à 20 heures par jour! Et quand parfois le sommeil l'accablait, il se renversait en arrière pour s'assoupir pendant quelques instants ; après quoi il se remettait à l'ouvrage , « afin, disait-il, d'arriver à temps! »

Ces veilles prolongées, ces nuits sans sommeil, n'ontelles pas développé, dans l'infatigable artiste, le germe de la maladie du sang dont il a ressenti les symptômes

jusqu'à sa mort et qui, eu 18Û3 et 18ift, le força de garder le lit pendant plusieurs mois? C'est une question que ses amis se sont souvent posée ; mais qui aurait pu l'arrêter alors dans cette fièvre de travail qui, dégagée de toute vue matérielle, n'avait pour excitant que l'accomplissement d'un devoir?

Raffet, d'après le désir de son éditeur, fit à l'aquarelle et à la mine de plomb une partie des dessins de Y Histoire de Napoléon; Fume y trouvait l'avantage de conserver les originaux qui lui étaient rendus à mesure qu'on les reportait sur le bois destiné à la gravure. Ceci explique la différence d'exécution qui se remarque entre certains sujets de cette belle suite. Ainsi, il nous suffira de citer ceux du jeune Bonaparte étudiant la géographie, page 6; Bonaparte, officier d'artillerie, 10; la Sortie de prison, 31; Bonaparte au Comité de salut public, 35; Infanterie légère, 74; les Tambours, 77; le général Hoche, 123; Marche dans le Désert, 143; Mourad Bey, 146; Mort de Du Petit-Thouars, 151; Bataille de Sédiman, 172; Bonaparte à l'Opéra, 217; les Nègres sur un rocher, 2/i0 ; le général Leclerc, mort, 2^.2; Arrestation de Georges Cadoudal, 257; Garde impériale, 316; Tirailleurs, 368; Retraite de Russie, 447 ; Passage de la Bérésina, 453; Bataille de Lutzen, 475; Murât, 490; l'Ambulance, 51fr; Banquet du Champ -de-Mars, 571, etc., etc.; enfin la Mort de Napoléon, 628, et Napoléon sur son lit de parade, 629. Toutes ces compositions ont été mises sur bois par l'artiste lui-même ; on le voit assez clairement pour ne pas les confondre avec Napoléon à Krasnoë, page 449; les Fédérés, 573; Napoléon et Hudson Lowe, 615, et quelques autres sujets.

La même année, il retoucha son portrait que je lis sur pierre; il est représenté de profil dessinant, la Tour de l'Horloge, N° 11 du voyage en Russie; puis il lit h mon intention un essai de lavis et d'estompé lithographiques d'après un nouveau procédé ; c'était : un soldat déchirant la cartouche (retraite de Russie); un Tatar en voyage (estompe et crayon); puis entre les deux sujets, et un peu au-dessus, l'esquisse de mon portrait, qui fut effacée après le tirage de quelques épreuves.

L'année 18/|0 retrouve notre ami sur la brèche du travail, aussi alerte que s'il venait de prendre un long repos; il commença par six aquarelles pour la Bible :

Daniel dans la fosse aux lions ;

Job et ses amis ;

Le jugement de Salomon ;

Ruth et Booz ;

Lazare ressuscité ;

David présentant à Saùl la tête de Goliath.

Puis il continua son voyage en Russie, par les numéros :

23 Vue de Yassy ;

24 Église des Trois-Saints;

25 Télègue de poste (Bessarabie);

26 Cour de la Quarantaine;

28 Poste aux Chevaux;

29 Halte d'une caravane moldave ;

30 Négociants et marchands israélites à Odessa ;

31 Fontaine de Mariah (Crimée, lre partie) ;

32 Portrait de S. E. le comte Michel Woronzoff;

33 Château du comte Woronzoff;

34 Halte d'un convoi militaire;

35 Vue de Yalta ;

36 Famille tatare en voyage;

37 Mosquée du palais des Khans;

38 Tatars sortant de la Mosquée ;

39 Forgeron tsigane;

40 Bain tatar;

H Vue de Tchioufout-Kaleh ;

42 Jeune femme Karaïme;

43 Juguda, sculpteur des tombeaux de la vallée de Josaphai.

En novembre, il dessine l'affiche des Compagnons du tour de France^ et, le 30 du même mois, parut le Combat d' Oued-Alleg ; cette magnifique planche est, au dire des artistes, le tableau le plus vrai qu'on ait jamais fait d'une grande bataille, et où, sans autre ressource que le crayon, l'artiste a su donner à son tableau la couleur et la vie et en faire un véritable chef-d'œuvre.

Dans les premiers jours de 1841, Raffet lithographia l'affiche de la Sainte-Bible et continua le Voyage en Russie par les planches suivantes :

44 Habitation de Tsiganes ;

45 Grande rue de Baghtcheh-Saraï;

46 Bouchers et autres marchands tatars;

48 Port de Sevastopol;

49 Balaklava;

50 Arnaouts, gardes-côtes; 52 Paysans russes ;

53 École de jeunes filles i al arc-; 5fi Maison de paysans tatars.

Puis il termina, pour son illustre protecteur, prince par le rang alors, comme il l'était avant par l'intelligence, pour S. E. le prince Démidoff, les 60 dessins sur bois qu'il avait commencés l'année précédente, et qui complétaient l'illustration du texte du Voyage en Russie l.

Il fit ensuite pour M. Furne : Samson ; Abubeker et Yennouf; Funérailles de Judas Machabée ; 1er Prairial (mine de plomb); 20 Juin 1791 ; 8 Thermidor; Mort de Beauchamps; Massacre de Septembre; le 13 Vendémiaire; Ésaù et Jacob ; Ruth et Booz (mine de plomb) ; Passage du Tagliamento; Serment du jeu de paume; Enrôlements volontaires (mine de plomb); Bataille des Pyramides (mine de plomb) ; Ponce de Balagnier ; Débarquement à Sidi-Féruch; et enfin les figures aux planches 11, 15, 2/i, de l'ouvrage de Russie, par A. Durand, pour le prince A. de Démidoff.

Dans l'ouvrage de la Bretagne, publié à Nantes par P. Sebire, la vue de l'église de Lamballe, lithographiée par Girard, a été terminée par Raffet, qui a repris par pure obligeance toutes les figures ainsi que l'arbre du premier plan, et a fait entièrement le paysan breton à cheval .

La même année, il alla passer quelques jours au camp de Compiègne (du 25 septembre au 8 octobre), et en rapporta de nouveaux croquis qu'il joignit à ceux qu'il avait pris en 1836, avec l'intention de les publier.

Une de ces compositions simples et grandes tout à la

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