FAUNE
Si la mer nourrit une quantité et une variété prodigieuse d’animaux, les terres polynésiennes en nourrissent relativement peu, el le manque de variété n’est pas racheté par la quantité des individus comme pour la flore, si l’on en excepte les désagréables rats et les non moins désagréables fourmis et tourlourous.
Une remarque générale qu’il est facile de vérifier c’est que, plus on monte l'échelle animale, plus les représentants des différents ordres se font rares.
Pendant que tous les ordres d’invertébrés sont représentés, sur terre et sur mer, par d'innombrables spécimens, que les poissons de mer sont déjà moins nombreux, les reptiles ne le sont plus que par la tortue (onu) et le lézard (m00)!, les oiseaux surtout par les oiseaux de mer, quelques rares échassiers, une tourterelle, un pic, un ou deux passereaux, et c’est tout. Les perruches que l’on trouve à Tahiti ne se rencontrent guère aux Iles sous le Vent; la poule2, le paon, le dindon, le canard sont d'importation récente et ne font pas
! Un certain lézard est appelé mootaifare (moo : lézard, tai: pleurer, fare : à la maison) à cause de son cri dans la maison, cri qui appelle le vent. :
* Les coqs ont la curieuse habitude de chanter à toutes les heures de la nuit dès 9 heures du soir.
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plus partie de la faune indigène que le bœuf, le chien, le chat, le cheval, la chèvre, le mouton et le porc.
Le cheval et le porc sont certainement d'importation ancienne; ils sont peut-être venus avec les premiers habitants, mais la vache, à laquelle les herbages des îles conviennent du reste médiocrement, provient directement de la Nouvelle-Zélandef. Les indigènes éprouvent une grande répugnance pour le lait de vache ou de chèvre.
Les mammifères, cet ordre supérieur et le dernier venu dans la Création, sont aussi très faiblement représentés dans les Iles de la Société.
Pas d’insectivores (et leur absence, comme celle des oiseaux nocturnes, se fait vivement sentir); pas de lémuriens, comme à Madasascar, ni de singes, ni de chauves-souris.
Les autres ordres ne comptent que les animaux domestiques énumérés plus haut.
Un fait bien digne de remarque, c'est que la rage est complètement inconnue dans ces îles du Pacifique et que ni les chiens ni les chats ne mordent l'homme. L’inimitié entre le chien et le chat existe cependant comme ailleurs, mais tout se borne à quelques aboïements et à un gros dos... on n’en vient jamais aux pattes... ni aux griffes et les animaux ont cela de commun avec les Polynésiens lesquels de nos jours se battent bien rarement. Il faut une ivresse furieuse, très rare, pour que deux hommes en arrivent aux coups. De même, les enfants s’injurient parfois, crient beaucoup, se montrent le poing très près du visage, mais ne se battent jamais. Gela n’exclut du reste pas du tout le sentiment de la cruauté qui reparaît assez facilement malgré la douceur des mœurs actuelles. L'absence de combats, de coups et blessures tient plutôt à l’absence de causes suffisantes pour provoquer une grande colère. Nous y reviendrons du reste en parlant de l’homme. Pour le moment, retournons à nos moutons, aux animaux.
Les chiens ne sont d'aucune race, d'aucun sang; ils ressemblent
1 Comme la chèvre et le mouton. Cependant la chèvre est redevenue sauvage aux Marquises.
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D RO SE A D M AE a SE Re
Village de Vaitape (Borabora).
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