‹ Raiatea la SacréeChapitre 29 sur 88 · LUE ER HA 11114 LU · texte numérisé non relu

LUE ER HA 11114 LU

LU (1 | # | Lil 1 Rl J IE |

ptet a = ch ns — Ari > .

su” AR :

on ajoute celui du père ou du père adoptif au moyen de la particule copulative a. Ainsi: Zeipo (la chérie) a Taumihau ; Teri (e roi) a Mahuru. Quand vient l’époque du mariage, un vieux chef se lève au repas de noce; il prononce un petit «speech » et décerne un nouveau nomaux époux, ainsi: Z'emauarii (les rois)f.

S'il a enterré sa femme dans un cercueil de bois de {amanu, il prendra peut-être le nom de Piha-ati (cercueil en ati). Un vieillard qui fut autrefois un joueur enragé appelé Pere (joueur) se mit à trembloter ; on le désigna désormais sous le nom de Æaumani (fatioué, sénile). Ayant observé une ressemblance partielle entre le visage du vieux chef Mataute et celui d’un parent Européen, nous le lui dimes. Il s'enquit alors du nom du Blanc auquel il ressemblait. Le même jour, le vieux chef changea de nom et s’appela Viriamu, traduction tahitienne de William. Chacun connaît l’origine du nom de Pomare; le roi de Tahiti ayant été saisi d’une toux brusque après une nuit passée sous les armes prit le nom de Po-mare (nuit-toux). Le dernier roi de Raïatea, Tamaton, abdiqua plutôt que de consentir à se soumettre à la domination de la France. Il adopta aussi un nouveau nom, celui de Ari mate (roi mort) pendant que l'individu qu'il désigna pour le remplacer au trône de Raïatea (et qui n’est pas de sang royal) prit celui de Tavana mono (vice-chef).

6° Enfin, un moyen populaire de perpétuer le souvenir des faits, consiste. à les chanter dans des épopées plus où moins héroïques, des pehe ou himene (chants). (Pehe est l’ancien mot; himene vient de l’anglais Aymn).

Nous avons ainsi assisté à la création d’un peéhe chantant la conquête de Tahaa par les Français. Le barde était un homme de Raïatea, Tupaia.

Mais ordinairement ces chants célébraient des victoires ou bien se rapportaient à des événements domestiques, individuels ou de tribus. Ils étaient occasionnels et n'ont guère été conservés.

Les différentes sources historiques énumérées plus haut n'auraient ouère fait avancer la question de l’origine des Polynésiens. Il existe

1 L'époux perd sa femme: il prend le nouveau nom de Paoaa veuf.

Plantation de cocotiers sur la plage de Moorea.

= = EE

a 2 5 A 2m RE mme mm — de —

PRE à à RE

un bon nombre de traditions orales; toutes font venir les Polynésiens de l’Ouest. C’est aussi la conclusion qui s'impose actuellement et l’hypothèse qu'ils seraient venus d'Amérique ne peut plus trouver de défenseurs.

Nous avons vu comment, dans leurs migrations successives, les Polynésiens ont donné le nom de la mère patrie Æavaiki à toute une série d'îles. Quelle est cette Æavaiki? La meilleure étude qui ait été faite sur ce sujet est tout à fait récente.

Elle a paru dans les Nos 27, 28 et 29 de septembre 1898 à mars 1899 du Journal of the Polynesian Society, sous le titre Æawaiki, the whence of the Maori, par L. Percy Smith. Au point où en est la question, il est même inutile de rappeler les anciennes hypothèses. Voici maintenant les principaux fils conducteurs qui permettent de suivre les migrations des Polynésiens.

Chacun sait que les populations comprises sous cette dénomination générale occupent les îles de l’Océan Pacifique, de la Nouvelle- Zélande aux Sandwich, des Samoa à Tahiti, aux Marquises et jusqu’à l’Ile de Pâques. Tous ces peuples sont les rameaux d’un même tronc; ils ont occupé ces îles petit à petit, en un long espace de siècles, une première vague en découvrant quelques-unes, les occupant, donnant des noms, perdant de vue la mère patrie, fondant des colonies autour d’elle. Des siècles se passent. Une deuxième vague, puis, par places, une troisième, envahit les territoires déjà occupés, soumet les habitants, apporte des mots nouveaux, des noms nouveaux aussi. Tous ces faits s'expliquent, à l’heure qu’il est, assez facilement. Aïinsi s’établirent des castes, les derniers et plus forts envahisseurs devenant les rois (Arii); après eux les Raatira (chefs) puis la plèbe, les manahune. C’est ainsi que se justifie la pluralité de termes pour désigner une seule et même chose, comme /0a et ailo (bois de fer), pô et rui (nuit), ao et rai (ciel), fai, mili et {ua (la mer), piti et rua (deux), etc.

La fréquence des vents d’Est (les alizés) n’est pas du tout un obstacle à une migration venant de l’Ouest. Comme nous l’avons vu, les indigènes attendent encore, à l’heure qu'il est, le vent occasionnel d'Ouest ou du Nord (Toerau) pour se rendre dans les îles situées à

+ eme

Page 1