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Les Tahitiens possèdent une vertu plus positive, l’hospitalité1. On reçoit, Chez le Tahitien, une hospitalité des plus larges par le seul fait qu'on se présente chez lui. Non seulement les parents et amis indigènes sont admis en tout temps et à toute heure, mais les étrangers, dont ils n’ont pourtant pas toujours à se louer sont toujours bien accueillis et l’on partage tout avec eux. Il faut ajouter qu’à l’occasion on viendra aussi s'installer chez vous et jouir de l'hospitalité papaa (étrangère).
Si le Tahitien montra beaucoup de cruauté dans les guerres d’autrefois, et S'il lui reste un grand fond de cruauté naturelle, il n’a jamais été cannibale comme son voisin des Marquises ; il est d’un caractère très doux ?. On évite avec soin de contredire le Blanc, de lui faire de la peine, sans doute de peur de déchaïner sa colère. On ne répond jamais directement non à une demande ; on dit e anei «qui sait » ? Et bien qu'on ne partage pas son opinion on lui dira toujours : E Parau mau ! Oia mau! Oui, c’est vrai ! ta parole est vraie.
Cette habitude de dire toujours « oui et amen » tient spécialement àa ce que le Tahitien ajoute peu d'importance à la vérité. Toutes les fois qu’il y a intérêt pour lui à vous tromper, il vous trompe : aussi les procès sont-ils interminables. Le Tahitien connaît aussi très bien l'art de simuler les sentiments qu’il sait vous être agréables, ce qui fait qu’il apporte beaucoup d’hypocrisie dans l’exercice de la religion
1 L'accueil que fait tout Tahitien à un étranger est classique. À peine êtes-vous en vue d’une case que de la véranda on vous crie: Haere mai! Haere mai ! Viens ! Viens! On dit même : Manava ! a haere mai! O mes entrailles ! viens ! Et quand vous passez à l’heure des repas devant les cases, chacun de vous appeler : haere mai ta maa! haere mai ta maa ! Viens manger !
Où que vous vous rendiez dans les iles vous ne sortez de nulle part sans avoir été invité à boire un coco, à manger des oranges, ou sans être chargé d’un panier, de plusieurs même, pleins de provisions : fei, bananes, cocos, oranges. Je me rendis, il y a quelques mois, auprès d’un jeune homme mourant de la phtisie ; 1l respirait à peine ; il rassembla cependant un faible souffle pour dire aux assistants: «Offrez-lui un coco ».
Quand vous entrez dans une case, il suffit, généralement, que vous exprimiez votre admiration pour un objet pour que cet objet vous soit offert à votre départ.
? Même à l’époque des sacrifices humains, ceux-ci s’opéraient «en douceur » ; la victime désignée pour le sacrifice était assommée par derrière au moment où elle s’y attendait le
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