‹ Raiatea la SacréeChapitre 37 sur 88 · EG" TE · texte numérisé non relu

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sans être pour cela foncièrement hypocrite. Les jeunes gens jouent très fréquemment au nouveau converti pour se donner de la considéation et se faire recevoir «membre de l’Église» e {aretia un titre qui est aussi en honneur aujourd’hui que celui de arioi le fut autrefois. Mais celui qui a vécu quelques années dans ce pays sait ce que valent ces conversions.

Le Tahitien est très vaniteux et fait des bonnes œuvres par ostentation. Beaucoup ne viennent à l’Église que pour montrer une robe neuve, petit travers qui n’est pas seulement tahitien. Enfin on peut dire que le Tahitien est un enfant, de la naissance à la mort, un grand enfant. Il a les impressions extrêmement vives, mais peu profondes ; la larme facile, un départ pour un district éloigné de 10 kilomètres provoque des pleurs ; les scènes d'embarquement pour une ile voisine sont des scènes déchirantes. Mais les larmes font vite place aux rires, et l'on se console de tout « par un bon petit repas ».

Ce grand enfant est doué d’une paresse, d’une nonchalance, d’une indifférence extraordinaires. Il faut un besoin pressant de nourriture, la famine durant depuis plusieurs jours, pour que l’indigène se décide à travailler ou à aller à la pêche. Quelle que soit la somme offerte, vous n’obtiendrez jamais d’un indigène qu’il travaille lorsqu'il n’en à pas envie.

Un trait de caractère commun avec les populations de l’Inde c’est la distinction très profonde des castes. Jadis le peuple se divisait en castes presque infranchissables : les arii, les arioï, raatira, les tahua pure, les menehune. Mais tout cela est passé. La domination et l’influence françaises ont aboli ces distinctions; il est cependant facile de constater le respect dont sont encore entourés les débris des familles royales comme les différents prêtres des religions chrétiennes.

A côté de ces traits caractéristiques, il y a des particularités de races qui se retrouvent chez la plupart des Polynésiens. Ces particularités se remarquent dans les gestes, les signes, certaines manières de faire. Ainsi l’indigène, au lieu de dire oui, se contente souvent d'élever brusquement les sourcils en plissant la peau du front. Pour dire non, il avance l’extrémité de la langue entre les deux lèvres.

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