‹ Raiatea la SacréeChapitre 48 sur 88 · SR SR ARS 9 ER · texte numérisé non relu

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LUE AE LUE (PA EI 1 { il | [| Un Dufl Mer A | | 4 | fl 1H M . . ’ ‘ , r 0 « a . 0 ’ QE 1 la fibre intérieure plus molle et plus élastique après l'avoir laissé Ua DE macérer dans l’eau douce. On arrache ces fibres par couches en | f ‘ s. , RL. .

1 rubans d’inégale épaisseur que ]

l’on superpose sur une natte, de manière à former une couche d'épaisseur à peu près égale.

Quand cette couche de fibres est égouttée, on la dispose sur une planche inclinée ({iia); une femme, se mettant à cheval au sommet de la planche, bat les fibres avec un maillet en bois de fer (aito) cylindrique ou prismatique, cannelé ou strié, appelé haapatiitii. Plus elle bat, plus le grain du tissu s’affine.

On expose ensuite ces couches de filaments sur des nattes, au orand air, et enfin on les teint ou bien on les imprime en y appliquant des fougères ou des fleurs de burau (hibiscus) trempées dans différentes teintures.

Les teintures les plus employées

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lil Lam et ie par les indigènes sont celles de

(Il Fabriquée à Bora-Bora avec l’écorre du aute (mû- , : f

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1! ! rie à papier, morus papyrifera). L'ecorce enle- r'ea OU CUrCcumna (jaune), de mali | | vée, on la laisse sécher pendant quelques jours

AA UN puis on la trempe dans l’eau pendant 48 heures (rouge), de n70n0 (orange), de IA pour l’amollir. On la bat ensuite sur une planche ‘ À , (il au moyen d’un battoir en bois de fer et l’on YOCOU (jaune rougeàtre), de fehi HE Al obtient une pâte molle par aggentination des ; = ,

fl |A] molécules visqueuses de l'écorce. Un certain (violacé où rougeûtre). UE UN nombre de bandes aggentinées de cette façon i

l forment une «pièce de drap» indigène dans On donne aussi plus de fer- All laquelle on taille ensuite une robe « empire ».

Jul meté à ces étoffes en les tannant {pl au moyen de l'écorce d’un petit arbuste, l’'abu ou hiri. Gomme on le DU voit, le tissage est parfaitement inconnu des Tahitiens. Ce ne sont pas «till cependant les plantes textiles qui leur ont manqué. Ils se sont quel- | quefois couverts de nattes. Mais les nattes se tissent à la main au

Fig. 38. — Eventails.

Ceux-ci se fabriquent avec de la feuille de pandanus (fara) ou des fibres de canne à sucre (to) ou de roseau (aeho) et de mou. Dans le plus décoré on a cherché à imiter un bouquet de fleurs attachées par un ruban.

moyen de longs rubans de feuilles de pandanus ou de cocotier. Ils savent aussi tisser à la main de jolis éventails en losange ou en cœur avec les mêmes pailles dont ils font leurs chapeaux. Ils ornent ces éventails de fleurs tressées, de coquillages, de houppes, de rubans et les munissent d’un manche plat fait d’une lame de bambou passant par l’axe de l’objet.

Marchant peu, sur terre ferme, naviguant beaucoup, ils n’emploient vuère la canne. Seuls les vieillards ou les infirmes se munissent d’un bâton (puütootoo, pù — en avant : {00{00 — pousser à la manière dont on fait avancer un canot à la gaffe). Actuellement, les chefs singent, en cela aussi, les Européens, mais ils ne sont pas fiers et se contentent parfois de la simple canne d’un parapluie hors d'usage.

Moyens d'existence.

Outils. — On ne rencontre aucun minerai ni aucune bonne terre à poterie dans les Iles de la Société. De là l'ignorance de l’art de la céramique et de celui de façonner les métaux. Quoique demicivilisés, les Tahitiens furent ainsi placés dans un état d’infériorité vis-à-vis même des Nègres plus sauvages sous d’autres rapports. A l’arrivée de Cook, en 1769, ils en étaient donc encore à l’âge de la pierre polie. Ils n’ont pas tardé à comprendre l'utilité de nos outils et à s’en servir. Nous avons rappelé la mésaventure du grand prêtre qui vola les outils du charpentier de Cook pour en faire offrande au dieu Hiro sur le Marae de Huahineiti. Le résultat le plus clair fut de discréditer le culte de Hiro, de préparer les esprits à recevoir des idées nouvelles. Dès ce moment, en effet, les Tahitiens allaient apprendre avec avidité toutes les choses nouvelles que les Blancs devaient leur enseigner. Mais nos découvertes, nos inventions n’excitent pas, chez ces gens l’admiration, l'enthousiasme qu'on pourrait s’imaginer.

Un de leur prophètes, Mâui, avait prédit qu’un jour on aurait des pirogues sans balancier. Lorsque parurent les premiers vaisseaux à voiles, les indigènes s’exclamèrent : 4e, {era te vaa a Mäuie ! « Ah! ah! voilà la pirogue de Mâuil» L’intelligent Mâui prédit ensuite

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qu’on aurait des pirogues sans cordages et sans voiles; les indigènes ne s’étonnèrent donc point de l’arrivée des bateaux à vapeur. Mâui ne l’avait-il pas prédite ? Ils ne s'étonnèrent pas davantage de la lumière électrique dont les cuirassés projettent les faisceaux lumineux dans les ombres de la nuit. Ne peuvent-ils pas, eux aussi, produire du feu en frottant des morceaux de bois? Montrez-leur du nouveau, ils sourient d’un air sceptique, faisant, dans leur for intérieur, la réflexion que «les Tahitiens ont inventé bien mieux que ça ». Et quand leur curiosité est vraiment en éveil, ils se contentent d’un claquement de la langue contre le palais et tout au plus de l’exclamation: 4e! Aue ! ou bien encore: Oia mau! Parau mau ! est vrai; ta parole est vraie !

Leurs seuls instruments de travail étaient les haches en pierre polie dont on peut encore se procurer des échantillons. Ces haches étaient emmanchées au bout d’une branche à laquelle on avait conservé une partie du rameau latéral. Elle était solidement ficelée à ce rameau par une ligature en cordelette de fibres de coco. Cette hache primitive servit ensuite de modèle à une espèce de sceptre royal qu’on retrouve dans plusieurs îles de la Polynésie, hache symbolique de la puissance du chef. La simple branche est devenue une pièce de bois sculpté, en partie à jour, gravée d'un dessin séométrique régulier et servant de manche à une grosse hache de pierre. Le musée ethnographique de Neuchâtel possède quelques échantillons de cette hache symbolique.

L'agriculture n’existant pas dans les îles, il n’a jamais été question de labour proprement dit, mais de simple forage de trous devant recevoir la graine ou le jeune plant. L’instrument dut être semblable à celui que les indigènes de l'Australie emploient encore aujourd'hui: un bâton dont la pointe est durcie par le feu. Ce qui le ferait présumer, c’est que le Tahitien emploie encore de préférence une barre de fer; lorsqu'il a beaucoup de terre à remuer, il l’enlève au moyen de ses doigts ou de sa pagaïie.

La chasse ne paraît pas avoir été jamais une grande ressource. La rareté du gibier, aussi bien sous le rapport du nombre que sous celui des espèces, en est sans doute la cause. L’arc (fe fana) a

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