‹ Raiatea la SacréeChapitre 49 sur 88 · PR AUTRE À PE CCE · texte numérisé non relu

PR AUTRE À PE CCE

été peu employé et seulement comme jouet. Il ne doit pas avoir joué de rôle dans les guerres où la lance et le casse-tête étaient les seules armes usagées. |

L’unique mammifère qui fait encore l’objet d’une chasse (très rare) est le cochon sauvage que l’on fait courir par des meutes de chiens.

Mais, de tout temps, les indigènes ont construit des pièges pour prendre les oiseaux. C’est ainsi qu'ils se procurent la tourterelle (wupa), le canard (moora laelaevao) et la poule sauvage (Mmoa oviri).

Les pièges sont ou automatiques ou actionnés à la main. Le principal piège automatique se compose d’une branche flexible dont la grosse extrémité est solidement fichée en terre; à l’autre, est fixé en croix un bâtonnet qui permet de la maintenir en arc de cercle, passé qu'il est sous deux crocs de bois. Cette extrémité porte encore un

nœud coulant que l’on dissimule avec

un peu de terre légère et de feuilles et Fig. 39. — Hache symbolique poly-

néons. au milieu duquel on place des grains

de riz ou de l’amande râpée de coco.

Le canard ou la poule, en picotant le riz, marche sur le bâtonnet qui se déclanche : la baguette se relève comme un ressort et la bête a les pattes prises dans le nœud coulant. (Fig. 40, b.)

La figure 40, a explique suffisamment le fonctionnement du piège ordinaire à main. On emploie aussi une ligne (Fig. 40, c) dont l’hameçon est remplacé par un nœud coulant que l’on passe délicatement autour du tronc de la bête: en soulevant brusquement la ligne, on enlève « la volatile malheureuse ».

Les fillettes pêchent d’une manière analogue les tourlourous. A leur ligne est fixé un paquet de feuilles de burau qu'elles laissent

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a) Piège à la main.

b) Piège automatique.

ig. 40, — Pièges d'oiseaux.

c) Piège en forme de lign

Wu traîner à terre dans le voisinage du trou du crabe. Celui-ci s’excite à la vue de l’objet qui remue, se précipite bientôt dessus, le saisit | 1 fortement dans ses mandibules. À ce moment, une secousse l’éloigne de son gîte et brouille ses notions topographiques assez longtemps pour permettre à la fillette de l’assommer avec sa ligne, pour le consommer ensuite quoique le mets soit peu tentant.

Mais la vraie ressource du Tahitien est la pêche, et c’est ici que le génie inventif de ce peuple s’est donné essort. La pêche se pratique de toutes les manières : par empoisonnement des eaux, à l'assommoir, au harpon, à la ligne, au filet, au barrage. Le premier mode consiste à porter sous l’eau des morceaux d’un bois vénéneux LUN (revareva) à demi écrasés. Les poissons étourdis ne tardent pas à

Hit montrer leur ventre à la surface et sont ramassés en grande quantité. lt Le poison végétal n’altère pas leur goût et n’agit guère sur eux que comme un narcotique. Lorsque la nuit est sombre et calme, la

mer tranquille, on va pêcher au rama. Le rama est une torche en

bambou que l’on tient de la main gauche. On avance dans l’eau peu

profonde qui recouvre le récif en soulevant les pieds avec précaution

pour ne pas effrayer le poisson. La lumière l’éblouit; il ne songe pas

| à fuir et on l’assomme d’un coup de bâton ou avec un fragment de cercle de tonneau, redressé, en guise de sabre. Un panier (oini) en | fibres de cocotier suspendu à la ceinture sert à recevoir les produits { de cette pêche facile. Le flambeau éteint, on rentre au logis, et on se | | régale sur-le-champ. Un autre genre de pêche très répandu et très po- | pulaire est la pêche au harpon (pâtia)!. Les harpons sont de différen- | tes sortes. Les plus simples se composent d'un bâton de burau à l'extrémité duquel sont solidement liés des fragments très pointus

de bambou. C’est une espèce de fourchette à 10, 12, 15 dents, entre

lesquelles le poisson s’engage facilement. Il sert à prendre le iheihe,

excellent petit poisson long de 20 à 25 centimètres, au corps rond

comme une baguette, à la tête terminée par une espèce de trompe

pointue. Pendant qu’à l’arrière de la pirogue une jeune fille pagaie

doucement, doucement, son galant est debout sur l’avant, la torche

1 Voir figure A.

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