‹ Raiatea la SacréeChapitre 50 sur 88 · NT EN CE · texte numérisé non relu

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matin,

OU

Fig. 41. — Pêche au « rama ».

Le rama est un faisceau de lattes ‘de bambous secs que le pêcheur tient dans la main droite et qui projette! dans la nuit une vive lumière sur les eaux. Cette lumière permet de distinguer les poissons fiheihe] qui dorment près de la surface de l’eau. La vahine dirige doucement la pirogue pendant que le {ane harponne les iheiïhe entre les dents de bambou pointues de son harpon (patiä).

dans la main gauche, le harpon de bambou dans la droite. Les iheihe dorment près de la surface, à l’endroit où le récif s’abaisse devant les eaux profondes. En deux mouvements, le pêcheur pique un de ces poissons et le jette derrière lui, dans le fond de sa pirogue. Le temps de brûler deux rama et une centaine de poissons sont capturés. Le véritable harpon actuel, celui qui ne quitte pas le pêcheur

Fig. 42. — Hameçon de nacre.

A une lamelle de nacre, taillée dans la partie la plus épaisse d’uue avicule est attaché solidement un fragment d'os pointu. A l’autre extrémité une petite touffe de soies de porc

qui maintient l’hameçon dans la position horizontale pendant qu’on file la ligne derrière la pirogue de pêche.

en mer, est un simple bâton terminé par 1, 3 ou 4 pointes de fer à dent renversée. L’indigène aperçoit sa proie à vingt pas; son arme repose en son milieu sur sa main gauche, l'index de la droite guidant l'extrémité que les autres doigts soutiennent légèrement, il lance sa pâtia qui, décrivant une parabole, embroche presque toujours à coup sûr le poisson; même lorsque celui-ci n’est pas immobile il ne le manque pas, ayant calculé la direction et la vitesse de ya bête. On en prend ainsi de très gros. Les garçons s’exercent au jet de la pélia dès leur plus jeune âge. C’est un vrai jeu national. Le but ordinaire est un coco fiché sur un bâton. Il n’est pas rare de voir le

coco criblé de harpons lancés à trente pas de distance, La pêche à la ligne ordinaire, plus tranquille et moins émouvante, est plutôt pratiquée par les femmes et les jeunes filles. Les hommes attrapent le thon (aahi) dans la haute mer au moyen de solides hameçons en nacre et en os sans amorce, Quelques crins fixés en travers de la nacre et le scintillement de celle-ci suffisent à attirer les gros poissons dont quelques-uns ont jusqu’à un mètre et demi ou deux mètres de longueur. Pour la pêche à la ligne, les femmes cherchent, au préalable, des amorces fraîches. Pendant que les fillettes battent un ruisseau ou une mare, une femme tient à l’orifice d'écoulement un panier-filet en fibres de ieie (une liane) et le remplit de menu fretin, chevrettes, petites truites, etc.

Les indigènes construisent actuellement de très beaux filets de toutes dimensions et déploient beaucoup d’habileté dans leur emploi. Ils savent aussi pratiquer des barrages et y chasser le poisson. Ce genre de pêche s’appelle añu. Mais ils ne négligent pas des modes plus primitifs et pratiquent des pêches collectives très mouvementées el très bruyantes où chacun hurle à la fois, courant et gambadant. Ils enserrent l'embouchure d’une rivière dans un vaste et primitif filet formé simplement de branches de cocotier nouées bout à bout. Marchant serrés les uns contre les autres, derrière ce rempart de branches, ils frappent l’eau et, s’avançant de plus en plus, finissent par former un barrage complet. Dans le milieu frétillent de nombreux maquereaux ou des espèces de sardines (oma), que l’on assomme aisément à coups de bâton et que l’on jette dans le panier en cocotier qui pend à la ceinture (oîni).

Par le beau temps, on pêche toutes les nuits. A 4 heures du matin, les pêcheurs passent déjà, criant: £ Ÿ a e! du poisson! Ils s'en vont deux à deux, portant les poissons capturés par grappes de vingt suspendus à un bambou. À Raïatea, on donne jusqu’à 15 ou 20 maquereaux pour un {oata (pièce chilienne d’un franc équivalant à une de nos pièces de 50 centimes). Mais lorsque la pêche a été peu fructueuse ou que les poissons sont de grande taille, on hausse le prix. Inutile

1 Pour ce jeu, on emploie des harpons à une seule pointe.

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