‹ Raiatea la SacréeChapitre 57 sur 88 · ARRET · texte numérisé non relu

ARRET

nous allons décrire. Elle eut comme témoins étrangers l’administrateur des Iles sous le Vent, les officiers français, gendarmes, soldats, colons et deux cents touristes anglais de la Nouvelle-Zélande, passagers du navire de plaisance le Waikare. De nombreux instantanés furent pris, ainsi que les croquis que nous donnons ici. L'emplacement choisi par Tupua se trouve au fond de la vallée de Tepua, à 3 kilomètres du chef-lieu de Raïatea (Uturoa); c’est une clairière entourée de hauts mape (châtaigniers indigènes), de bananiers et de plantations de taro. Une fosse rectangulaire, longue de 8 mètres, large de 6 et profonde d'un mètre et demi fut creusée dans la terre meuble au milieu de la clairière, la terre rejetée sur les bords formant un petit rempart. Des fascines de bois léger de burau et de goyavier furent déposées au fond de la fosse; une deuxième couche de bois fut formée par les troncs énormes des mape que lon avait abattus à l'entour pour agrandir la clairière. Par-dessus le tout, furent déposées d'énormes pierres basaltiques ou laveuses, les unes de la grosseur de la tête d’un homme, d’autres aussi grosses que celle d’un bœuf, en un tas s'élevant au niveau du rempart extérieur. Le feu fut mis à la couche inférieure par une petite ouverture ménagée sur un côté; il dura exactement trente-six heures. Le mercredi 20 juillet 1898, à 9 heures du matin, quatre cents personnes environ étaient rassemblées dans la clairière, attendant le moment solennel. La chaleur du brasier se percevait facilement à dix ou douze mètres de distance du rempart et une colonne d’air brûlante s’élevait visible vers un ciel sans nuages ; le flamboiement était si intense qu’il empêcha de prendre des photographies nettes, l’air chaud estompant les corps par ses vibrations. Un groupe d'aides, armé de longues perches de burau, était fort occupé à égaliser le lit de pierres brûlantes qui paraissaient rouges dessous et blanc grisâtre dessus. Tupua Se tenait sur le rempart, un bâton de burau à la main. À un signal donné, le silence se fit et, solennellement, s’avança une procession de 40 à 50 hommes vêtus du pareu, le reste du corps etes pieds nus, cela va sans dire; ils étaient suivis de quelques femmes courageuses et précédés de trois grands gaillards en pantalons de toile bleue, camisole blanche, couverts de franges d’écorce de bu-

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Couronnés de feuilles de #i (dracæna terminalis) et ornés de franges tressées de burau, ils s'avancent solennellement, à pas comptés, sur les pierres incandescentes, un faisceau de feuilles sacrées à la main.

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