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sont quelquefois accompagnés d’un orchestre bizarre, formé de vivo, flûtes en bambou, dans lesquelles on souffle par le nez et qui rendent un son analogue à celui de nos mirlitons, d’entre-nœuds de bambou (ofe), fendus dans leur longueur, sur lesquels on frappe en cadence avec deux baguettes en les tenant sur le bras gauche, de tiges de bambou, ouvertes à une extrémité que l’on frappe sur le sol, et enfin de gros tambours (pahu, pa'u), formés d’un tronc de cocotier évidé sur lequel est tendue une peau de requin.
Nous donnons, dans le dernier chapitre de ce travail, quelques chants ainsi que des spécimens de poésie nationale de Raiatea.
Religion et mythes. — On verra plus loin, à propos de la mort el des funérailles, quelles étaient les croyances relatives à la vie future. Il en ressort que les Tahitiens
croyaient à l’immortalité
dont l’âme pouvait jouir Fig. 55. — Plaque décorative de fête.
ou être privée au hasard. Cette plaque a orné la poitrine d'un chef aux fêtes du 14 juillet, On voit que ce sont les décorations aperçues
Le« paradis » Se nommait sur la poitrine des officiers français qui ont inspiré ce
travail indigène,
rohulu noanoa et se trouvait au-dessus du mont Mehani à Raïiatea ; ce qui correspond vaguement à notre «enfer » était la nuit, p6.
Ils croyaient aussi en un dieu suprême, créateur de toutes choses. Ce dieu, commun à tous les Polynésiens qui le nommaient 7aaroa, Tanaroa, où Tangaroa, n’était cependant l’objet d'aucun culte spécial, Llandis que Oro, le dieu de la guerre, et Æiro, le dieu des vo-
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leurs, se partageaient presque exclusivement le culte tahitien. Oro était le dieu national de Raiïatea et devint aussi celui de Tahiti. Ziro,
qui avait commencé par être un homme, guerrier fameux, voyageur et brigand à l’occasion, fut déifié ensuite et son culte était célébré surtout à Huahine.
Mais ce n'étaient pas là les seuls dieux. Au contraire, ils étaient légion et il faudrait une monographie spéciale pour traiter de ce polythéisme bizarre, incohérent, où l’on sent la superposition de traditions différentes, témoignage des différentes migrations qui se sont succédé en Polynésie.
Citons cependant les plus connus des indigènes actuels, ceux dont les noms sont fréquemment donnés aux enfants nouveau-nés. Il y | avait un certain Ti qui fut le premier homme et son épouse était | Hina, la première femme. Ils furent le fruit d’une mésaillance d’un | dieu (mésaillance avec qui ?... c'est ce que la tradition ne dit pas). | Aujourd’hui ce sont eux-mêmes des dieux et Zina habite dans la lune. Il ne faut pas confondre Tiiavec les Ti (Tiki, ligi) qui sont de mauvais esprits, différents des dieux et des hommes auxquels ils jouent maint méchant tour. Ils me semblent avoir quelque rapport avec les « servants » de nos Alpes vaudoises. Une de leurs farces consiste à hanter le corps d’une femme et à lui donner un appétit vorace (mahue).
Il y a d’autres exemples de personnages déifiés. La déification était un des privilèges des grands rois et des grands prêtres. Ainsi le grand prêtre Mâui étant un jour occupé à offrir des sacrifices sur son marae s’aperçut que le soleil était déjà très bas dans sa course, son ouvrage n'étant pas fini. Alors il saisit les ihï ou les rayons du soleil et l’arrêta pendant un certain temps. Les uns disent qu'il l’ail | marra à une île. (C’est ce même Méui qui fut le prophète des piro- | gues sans balancier et sans voiles.)
D’autres hommes-dieux sont restés célèbres dans la tradition, ainsi Rü, qui étendit le ciel comme un rideau, et Aoaomaraïia, le père du | feu, parce qu’il fut le premier à découvrir l’art de produire le feu par | friction. Avant lui les gens mangeaient leur nourriture crue, et sans doute dans la crainte de ne pouvoir reproduire le feu, opération qui devait passer pour miraculeuse, on confiait ensuite la garde d’un feu
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