‹ Raiatea la SacréeChapitre 72 sur 88 · MOYENS DE COMMUNICATION DE TAHITI · texte numérisé non relu

MOYENS DE COMMUNICATION DE TAHITI

1° Avec chacun des autres établissements français de l'Océanie. — Le vapeur Croixdu-Suc fait 12 voyages par an en touchant à Fakarava (Tuamotu), Taiohae et Atuana (Marquises), retour à Tahiti. Puis Papetoai (Moorea), Fare (Huahine), Uturoa (Raïatea), Vaitape (Bora-Bora) et retour par les mêmes localités à Papeete.

2° Avec San Francisco. — Douze courses de vapeur par an ont remplacé, depuis le 2% mars 1900, les départs mensuels des voiliers.

Le courrier mettait, avant 1900, 5% jours de Papeete à Paris par San-Francisco et 40 jours de Paris à Papeete. La durée moyenne de ce trajet par vapeur est de 24 à 52 jours. Ainsi le steamer qui a quitté Papeete le 19 décembre 1900 est arrivé à San-Francisco le 31 décembre et le courrier était le 12 janvier à Paris. Il en repartait le 25 janvier, touchait Frisco le 8 février et parvenait à Papeete le 20 du même mois.

3° Avec la Nouvelle-Zélande et l'Australie. — Tous les 28 jours un vapeur de la compagnie anglaise « Union Steam Ship de New-Zealand » touche à Papeete en passant par Rarotonga à l'aller et au retour et en s’arrêtant occasionnellement à Huahine ou à Raïatea pour prendre des oranges et des ananas. (Durée du trajet: 10 à 15 jours.)

D'Auckland (Nouvelle-Zélande) un service hebdomadaire de vapeurs sur Sydney (quatre Jours et demi) et sur San-Francisco (20 jours).

4 Enfin trois navires à voile viennent chaque année directement de Bordeaux en trois ou quatre mois passant par le cap de Bonne-Espérance et retournant par le cap Horn.

La distance qui sépare Raïatea de Tahiti est de 220 milles (400 kilomètres). La Croixdu-Sud met de 20 à 24 heures pour franchir cette distance.

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millions d’oranges ou des milliers d’ananas. Les oranges se cuelllent à la main, malgré les longues et vigoureuses épines qui hérissent tronc et branches. Celui qui est grimpé sur l’arbre les jette une à une à un camarade qui les reçoit délicatement. Les indigènes reçoivent 7 francs par mille oranges; elles se vendent 3, 4 ou 5 sous pièce en Nouvelle-Zélande. Les ananas, payés de 5 à 10 centimes à Raïatea, valent de ? à 8 shillings à Auckland. Il s’exporte aussi de l’arrow-root, du tabac, des ignames, des tripangs et du fungus. On n’a pas encore eu l’idée de faire le commerce des bois d’ébénisterie et pourtant il y en a de fort beaux. Puissent les riches forêts de Raiatea rester longtemps ignorées des marchands de bois de construction.

Comme on vient de le voir, la monnaie qui a cours dans les Iles est d’origine chilienne ou péruvienne. Elle comprend la piastre de 5 francs (dont la valeur commerciale dépasse à peine 2 francs aujourd’hui) ; la demi-piastre, la pièce de ? francs, celle de 1 franc et celle de 50 centimes. Pas de plus petite monnaie divisionnaire. Les noms que les indigènes ont donnés à ces pièces sont imités de l'anplais : éara (dollar), afa tara (half dollar), ou de l’espagnol : raera (real).

Les amendes et autres peines sont maintenant infligées en corvées de route. Ces corvées supplémentaires auront bientôt permis d’enceindre l'Ile de Raiatea d’une bonne route et d'entretenir celles qui existent déjà. C’est, paraît-il, à l'amour que les routes de Tahiti doivent leur existence, les délits amoureux étant punis en corvées.

Les indigènes savent construire des ponts en bois très longs et très solides. Du reste, les matériaux ne sont pas difficiles à se procurer : cocotiers, arbres à pain, éamanu et mara. Ils commencent à acheter des voitures et la première bicyclette, un pneu, a fait son apparition à Raiatea en l'an de grâce 1399.

Tahitiens sont un peuple navigateur par excellence. À Huahine, ils ont construit eux-mêmes dernièrement des goélettes jaugeant jusqu'à cent tonneaux. Mais le bateau national est la pirogue (fe va'a).

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On rencontre la pirogue à balancier (va’a tipae ama) d'Honolulu à l'Ile de Pâques, de Tahiti à Ceylan et à Madagascar. La forme n’en varie pas beaucoup. Elle est plus ou moins élégante ù selon les îles et aussi selon le goût des constructeurs. Chaque homme sait tailler la sienne. Le famanu (callophyllum) le miro (thespesia), le mara (?), le vieux burau (hibiscus), le hutu (cordia), sont les boïs les

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