C. — Ces accords ne rencontrèrent guère que des résitances
a) la majorité de la population rurale dont l'hostilité ou l'humeur s’extériorisa par la voie de la presse, au sein des municipalités et par l’organe de la chambre d'agriculture, se prit à imputer l’évasion du trafic du rail vers le car à la négligence du chemin de fer accusé de n’avoir pas développé les automotrices sur les lignes secondaires ! et attesta la préférence pour le rail, par le motif que les paysans étaient les seuls sacrifiés dans le bouleversement du régime des transports.
b) les Chambres de commerce s’étonnaient ne n’avoir pas été consultées, et, sur le terrain des principes, s’opposaient à la « suppression de la liberté du commerce », résultant de celle de toute concurrence entre les transporteurs ? ;'
c) dès l’annonce des accords de Rouen, le président du Conseil général intervenu auprès du ministre des Travaux publics obtint l'assurance qu'aucune mesure de coordination ne deviendrait effective avant que'le Conseil général n’ait eu la possibilité d’étudier le projet. Et, dès lors, des doutes d’être émis, concernant les économies réalisées par le chemin de fer, et l’objection capitale d’être présentée : des difficultés à prévoir pour le budget départemental des routes.
Il est intolérable, dira M. Thoumyre, sénateur, conseiller général qu’un réseau de chemin de fer et des transporteurs particuliers puissent, par des ententes
1. M. LAVOINNE, sénateur de Seine-Inférieure, rapport à la Chambre d'agriculture, 13 juillet 1934. — M. AuBErT, délégué aux conférences trimestrielles des chemins de fer rapport à la Chambre d’agriculture.
2. Rapport Le BourGE£ots, Chambre de commerce de Rouen, juillet 1935
3. Séance du 18 avril 1935 du Gonseil général de Seine-Inférieure.
privées, s'installer d'office sur tout le réseau routier de notre département sans que l’assemblée départementale qui a la propriété de ces chemins ait été partie au projet. Puisque le département de Seine-Inférieure sert dechamp d'expérience en cette matière, nous nous devons, ajoutait-1l, d'être les premiers à élever une protestation énergique pour défendre notre budget départemental.
Le comité technique départemental institué par le décret du 25 février 1935 a remanié les accords de Rouen ; le chemin de fer était fermé au trafic voyageurs dans un certain nombre de gares et de lignes, mais dans une mesure moindre que précédemment. Sur 7 chambres de commerce du département, trois donnèrent leur approbation au nouvau projet, trois autres donnèrent leur approbation avec des réserves, et la dernière un avis défavorable. La Chambre d’agriculture, de son tôté, émis un avis défavorable, et Le conseil général le 14 décembre 1935, vota à l’unanimité un avis hostile.