I. Le déficit ferroviaire
Les réseaux attendaient de la coordination tant en économies de dépenses qu’en recettes nouvelles, un allègement d’un milliard environ pour le fonds commun. Cette attente a été déçue. En 1935, le déficit total (toutes charges comprises) a été de 5.409 millions au lieu de 4.720 millions en 1934, de 6 milliards en 1936 et pour 1938, M. de Monzie ministre des Travaux publics, déclarait à la tribune du Sénat, le 28 février 1939 4 : «Il faut que le pays sache très exactement quel est le prix national du chemin de fer. Le chemin de fer représente 10.055 millions en 1938 ». Sur ce dernier chiffre, une observation est nécessaire : pour 1938, un élément nouveau a été incorporé dans les recettes de la S.N.C.F., le paiement par les postes et télégraphes des dépenses des
1-2. Déclarations de M. de MonztE, Journal officiel, débâts parlementaires, Sénat, 28 février 1939.
3. Rapport ministériel sur l’évolution des grands réseaux de chemins de fer en 1935, p. 268.
4. Journal officiel, Débats parlementaires, Sénat, Séance äu 28 fé- “vrier 1939, p. 220. \
transports postaux, soit 480 millions. Une autre ne l’est pas moins : des économies nettes avaient été réalisées sur différents points ainsi chiffrés au rapport ministériel sur l’évolution des grands réseaux de chemins de fer en 1935 :
Mesures prises . 1934 1935
1° Mesures prises avec l’intervention
de l'Etat :
— augmentation de recettes (modi-
fications del ImMpOt) 2. AR Pre RTE er 363 millions 348 millions — réduction des traitements et sa-
laiTES MR NT TNT ee le 233 — 607 — — réduction des charges de retraites 461 — 367 — — réduction des charges de capital et
reliquaf du prélèvementr ee "Tree — 160 —
LOtalE7e 1.057 — 1.372 —
20 Economies résultant des efforts des réseaux de la diminution du trafic, de la baisse des prix et des investisse-
ments :
— compressions d'effectifs ........ 210 — 328 — — économies sur les combustibles etl'énergieélectriquet re. rer 97 — 136 — — économies sur les autres dépenses d'EXPIOITATION ER CA nee 76 — 310 — Totale 383 — 774 — Total général ...... 1.440 millions 2.146 millions
D’après M. de Monzie, « la coordination dans son ensemble représentait une économie annuelle dans l'exploitation de la S.N.C.F. d’un milliard, les suppressions de trains, entrant pour 300 à 400 millions environ, ce qui permit à M. Paul Laffont d’affirmer le 2 mars 1939 : « … 300 à 400 millions voilà le chiffre qu’il faut retenir, en le rapprochant, d’ailleurs, de celui qui nous était donné en 1936, on disait alors 700 millions » et de conclure : « Aïnsi l'opération terminée, une fois supprimés les 8.581 kilomètres de lignes, on aura résorbé de 5% le déficit de l'exploitation des chemins de fer ».
Les recettes voyageurs, selon une lettre du ministre des Travaux publics à M. Jules Moch, député, rapporteur du budget des chemins de fer à la commission des Finances (1936) ne devaient point produire d’augmentation, les trafics abandonnés étant contrebalancés par les récupérés. Au total, M. Pomaret était fondé à dire dans son rapport « Le but poursuivi n’a pas été atteint ».