IV. — Le déclin de l’industrie automobile française
En 1930, la France occupait une place privilégiée dans l’industrie automobile mondiale par sa production, ses exportations, la première place en Europe, la seconde dans le monde. Elle produisait 308.000 véhicules. En 1937, sa production est tombée à 200.000 véhicules, soit une diminution de 35% au même temps où la production anglaise augmentait de 75%, l’américaine de 180%, la russe de 260°/, l’allemande de 380%. La production
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des véhicules industriels tombait de 52.000 en 1929 à 24.000 en 1934, accusant une baisse de 55%, en 1937, elle descendait à 20.000, représentant, par rapport au nombre des véhicules vendus, 25% en 1929 13% en 1935, au lieu que le pourcentage augmentait dans d’autres pays pour atteintre 17% en Allemagne, 18% aux Etats- Unis, 23%, en Angleterre, 82% en Russie. Le nombre de camions en circulation qui était en France de 458.000 en 1933 n'atteignait en 1935 que 460.000. Au total, la production française (base 1928 — 100) s'établit ainsi : 1932, 70,2 ; 1934, 74,3 ; 1935, 65, 6 et l’Argus de l’automobile publiait pour les six premiers mois de 1936 : véhicules industriels fabriqués : 12.447, soit 0,3% de plus qu’à la période correspondante de 1935; vendus : 10.595, soit 1,7% de moins qu’à la dite période ; d’occasion vendus : 19.724, soit 1.8% de moins !.
Les répercussions de cette situation sur la défense
nationale étaient inquiétantes : à la veille de la guerre de 1939, le parc automobile français se répartissait ainsi quant à l’âge des véhicules : moins de 5 ans, 26%, ; de 5 à 10 ans, 37% ; plus de 10 ans, 36, ?. Or, il n'était pas indifférent de partir en guerre, avec des voitures trop vieilles, c’est-à-dire avec le risque de pannes, des réparations, de la crise des pièces de rechange, de l’embouteillage des ateliers de réparation, etc... Un mot de M. Lehideux qui a été secrétaire d'Etat à la production industrielle ® présente ainsi ces répercussions : « On nous met en présence d’un nain qui est l’automobile, et d’un géant qui est le chemin de fer, et l’on a la prétention
de Chiffres présentés par M. Laubard dans sa cônférence à la Société des ingénieurs de l'automobile, op. cit., p. SÈE et suiv.